samedi 7 novembre 2015

Les machines ont-elles une âme ?

Rage against the machine

Avant que la ville puisse se remettre de l’événement terrible qui l’a secouée, je compte bien profiter du chaos.
Je me rends donc prestement au tribunal, force habilement une porte de service ainsi que la porte du bureau du magistrat Borloch. Je passe le reste de la nuit à fouiner dans ses archives en sirotant son whisky, mais pas une seule trace ou mention du procès. Je rentre donc très déçu au temple pour enfin me reposer.
En fin d’après-midi, je vais faire un point, en compagnie d’Albérich, chez le Père Dumas. Il nous présente une certaine Venaka Ainsworth, une belle plante qui s’est battue la nuit à ses côtés. Elle ferait partie d’une obscure secte de Morrow et serait combattante. Espérons qu’elle ne cède pas au fanatisme… surtout que le Père Dumas semble dire qu’il aurait une piste pour retrouver sa nièce, et donc que, si on l’aide pour suivre sa piste, elle nous accompagnera. Il n’y avait pas assez qu’Albérich…
Bref, le Père Dumas pense que sa nièce devrait se rendre à l’ouverture d’un temple de Cyriss, le Dieu Mécanique, dans la région. Ses temples sont secrets mais il en existerait un non loin et il devrait s’ouvrir à tous prochainement suite à un alignement précis d’étoiles. Un événement assez rare car sinon seuls les prêtres peuvent y entrer.
Pourquoi Alexia s’y rendrait : une rumeur insinue que Cyriss détiendrait le secret pour transférer l’âme d’un défunt dans une machine. Il pense qu’Alexia espère ainsi pouvoir faire revivre sa mère.
Le problème, c’est que l’on n’a aucune idée de la localisation possible du temple. En tout cas le Père Dumas est sur ses calculs astronomiques pour déterminer la date de l’alignement des étoiles qui permettra l’ouverture du temple.

Je passe ensuite avec Albérich voir le capitaine Helstrom qui remet une récompense pour notre action. Celle d’Albérich ira aux pauvre et pour ma part, à la recherche de Victor, mais j’avoue ne pas trop savoir pourquoi il nous paie sur ce coup…

Puis on se rend au Creuset d’Or où je parviens à parler à un certain Jordan Urgan pour rappeler à l’aimable confrérie que je n’étais pas venu pour rien la veille, et que ma requête de travailler pour une méthode permettant de détruire rapidement un objet enchanté, Witchfire, est toujours pressante. Je demande aussi si, au nom de la ville, ils pouvaient me fournir une sorte d’antidote à la paralysie qu’Alexia nous fait régulièrement subir. Toute leur aide permettant le succès de notre mission leur permettra de passer pour des héros. Enfin, je leur demande s’ils n’avaient pas une piste pour découvrir le temple caché de Cyriss dans la région. M’ayant semble-t-il pris au sérieux cette fois, il me demande quelques jours avant de nous fournir, peut-être, quelques solutions.

On passe ensuite à la guilde des ingénieurs pour leur parler aussi de Cyriss. On rencontre le maître Dyonos qui peut nous révéler qu’il sait que l’Église de Cyriss est en pourparlers pour ouvrir un temple officiel à Caspia. Devrait-on s’y rendre pour obtenir plus d’information sur le mystérieux Cyriss. On n’aura peut-être pas le temps de faire un aller-retour à temps.

7 Gorim

Le Père Dumas a passé la nuit sur ses calculs : la conjonction est prévue pour le 6 ou 7 Malleus de Glaceus, voire même le 5. Elle devrait s’étaler sur environ 2 jours.
On a donc moins de deux semaines. On peut oublier Caspia du coup.

De mon côté, je me rends à nouveau au tribunal pour parler au juge Belker. Je parviens à le convaincre de me laisser accéder aux archives du magistrat Borloch, sous la surveillance de la greffière du magistrat.
Les archives ne contiennent absolument rien sur ce procès. La greffière n’a aucun souvenir. Avec son accord, je lui explique que je vais l’hypnotiser pour lui permettre de se rappeler d’anciens détails. En fait, grâce aux pouvoirs d’Amelyass, je la charme. J’avais l’impression qu’elle me cachait quelque chose mais je devais me tromper car, même charmée, elle ne se souvient de rien de plus.
Le procès était effectivement secret et le magistrat n’a rien gardé d’accessible. De là à penser que le procès n’était pas forcément tout à fait légal, il n’y a qu’un petit pas…

Un petit tour chez les Sunbright pour tenter d’expliquer au chef de famille ce qu’il est advenu de son père. Je suis encore plus mal reçu que la dernière fois. C’est un échec total. Je pars donc en laissant planer sur leur famille une menace sourde… que je ne tiendrais pas. Je ne suis pas rancunier. Il faudra passer à autre chose. Je mise beaucoup sur Jordan Urgan et sur le Capitaine Helstrom.

En rentrant au temple, il semble que mes compagnons – Boris a réapparu – ont trouvé la localisation probable du temple en interrogeant un rescapé d’une ancienne expédition. Ce serait en plein dans les marais. En plus, ils ont trouvé un guide et on part demain. Chouette !
Après leur rencontre, Boris s’est fait remettre un mot qui semble provenir de l’Inquisiteur, signé O. Il nous demande de lui remettre l’épée dès qu’on l’aura trouvée, qu’il est de notre côté. Bref, il nous surveille.

Sentant que le voyage ne sera pas des plus agréables, je pars m’équiper avec des grenouillères et un poncho imperméables de première qualité.

Puis avec Albérich et Renaka, on se rend au bouge de Boris pour fêter un minimum la mort de l’année et la naissance de la nouvelle. Comme Boris semble rouler sur l’or, il paie les pots et même les danseuses court vêtues. Bon, la qualité fait un peu peine à voir, mais le cœur y est.

Glaceus 603

1 Vendarl

Réveil.
Je pars avec Albérich pour le Creuset d’Or des fois qu’ils aient déjà du neuf puisque l’on part dans la journée. Peut-être au moins un filtre contre la paralysie ? Jodrun n’est semble-t-il pas visible. Je fais preuve d’autorité pour forcer à le voir et je me rends dans sa chambre. Il a trop fêté la veille et est complètement hors service. J’ai beau forcer son réveil, je ne récolte que sa très mauvaise humeur. La mienne n’étant guère meilleure, je l’arrête au nom du capitaine Helstrom en le menaçant de l’amener au poste à cause de son obstruction. Une fois dehors, j’essaie d’obtenir des information sur l’affaire qui me concerne, mais il refuse quoi que ce soit et n’est qu’une boule de colère. Histoire de lui montrer que je ne suis pas content, content, je le laisse au sol après quelques coups bien sentis et repart vers le bateau qui doit appareiller.
Après les Sunbright, c’est le Creuset d’Or qui me file entre les doigts. Mais c’est vrai, je suis peut-être impatient. On ne reconstruit pas 25 ans de réseautage en deux semaines…

On part donc sur un bateau à roues à aube commandé par le Bigleux et son équipage Killian, Enoir et Leto.
Les manœuvres ont l’air complexes. Si on est perdu au milieu des marais et que l’équipage n’est plus des nôtres, ce qui est possible avec les dangers qui nous menaceront, on sera faits comme des rats. Aussi, j’essaie de me rendre le plus utile possible en vue d’apprendre les rudiments du fonctionnement de cette machine à vapeur.

2 Vendarl

Au milieu de l’après-midi, on apponte au dernier village vaguement civilisé. Le reste de l’après-midi consistera en une escale technique pour l’équipage avec lequel j’ai pu me lier durant ces dernières 36 heures…

dimanche 4 octobre 2015

Witchfire

S'envolent nos espoirs

Le retour vers Corvis est morne et silencieux. On doit camper autour d’un maigre feu en bordure de la forêt que l’on finit de traverser.

5 Gorim

La nuit a été courte, heureusement, car ponctuée de cauchemars dont je n’arrive plus à me souvenir le matin venu. J’ai comme l’impression d’être possédé.
Étant le dernier à monter la garde, les préparatifs du déjeuner ne nécessitent pas l’allumage d’un feu. Ma colère est mon carburant : le seul contact des écuelles suffit à réchauffer le bouillon matinal. Il me parait maintenant clair qu’en mourant, Amelyass a laissé de sa magie infuser en moi. L’impression de possession ne me quitte pas !

Une fois à Corvis, on se rend directement chez le capitaine Helstrom, avec la dépouille d’Amélyass dans la carriole d’Albérich
Bien sur, il est en tournée. Je laisse Boris sur place au cas où il reviendrait et, avec Albérich, on passe au Creuset d’Or, l’Ordre auquel appartenait Amelyass. La bureaucratie ambiante fait que l’on n’a aucune réponse sur quoi faire de lui pour le moment. Je devrais pouvoir parler à quelqu’un en charge en début d’après-midi.

On ramène alors le corps à l’Église. Albérich s’arrange pour que ses frères en prennent soin en attendant des funérailles. Pendant ce temps, c’est moi qui prend soin de moi et je peux enfin faire un brin de toilette et me changer.
On peut ensuite faire notre rapport au Père Dumas qui est au trente-sixième dessous devant ce qu’a fait sa nièce. Je lui fais tout de même remarquer qu’elle n’a toujours tué personne. Bon, il semblerait que jouer avec des morts serait plus grave que d’en fabriquer. Drôle d’époque.
L’espace de quelques minutes, il nous vient l’idée saugrenue de nous prendre pour des stratèges militaires. Le Père Dumas sort une carte. On l’étudie pour voir ce qu’il serait le plus efficace pour défendre la ville de l’invasion que l’on redoute. J’y vais même de mes petites idées ridicules de général en herbe.

Voyant que tout cela ne mène à rien, je repars avec Albérich au guet. Boris y aurait vu le capitaine qui n’est plus là.
On revient à l’Église : il dort dans une cellule ! Semble-t-il que la nuit sera longue. Je t’en foutrais des longues nuits : c’est même La Longue Nuit !
Bref, on a une nouvelle discussion avec le Père Dumas. Je dois négocier comme aux plus beaux jours pour conserver une partie des rituels nécromantiques écrits de la main d’Alexia, afin de pouvoir servir de preuve devant la justice si nécessaire.
Le papier en poche, je repars, toujours avec Albérich, au Creuset d’Or. Non sans réveiller auparavant Boris qui s’était emparé du livre de magie d’Amelyass. Ce con nous dit qu’il dort alors qu’en fait il lit le truc ! C’est le monde à l’envers. Je lui laisse son joujou, lui rappelant au passage qu’il faudra penser à vérifier la valeur des pierres précieuses dégotées dans l’antre du gorax. On prendra le livre si nécessaire après avoir vu ce qu’il convient d’en faire avec les sorciers.

Cette fois, au Creuset d’Or, je parviens à obtenir un peu plus d’informations, ça ne nous avance pas : le petit homme venait d’arriver – on le savait – mais surtout n’avait laissé aucune indication sur sa famille, sa religion, ses dernières volontés et tout le tralala.
Bref, faute de mieux, on va faire ça traditionnellement puisque, en plus, on a de la main d’œuvre religieuse sous la main. J’espère qu’ils nous feront un truc digne.
Quant au livre, ils s’en carrent. Boris va pouvoir continuer à le lire. J’espère qu’il ne va pas le gribouiller, j’ai cru comprendre que ça valait tout de même son poids d'or, ce genre d’article.
Je demande au sorcier si c’est normal que de produire des manifestations magiques depuis la mort d’Amelyass. Sa mort aurait-elle pu infuser mon esprit de sa magie ? L’idée lui parait étrange.
Mon idée suivante lui paraît tout aussi bizarre. Moi qui croyait que les sorciers étaient des excentriques. Ils sont encore plus conservateurs que les prêtres. Je lui demande comment détruire un objet magique.
« Hou la la, mon bon monsieur, vous comprenez, ce n’est pas si simple. Il faut étudier longuement le cas avant de pouvoir conclure sur la méthode pour y parvenir »
Bref, ça ne l’intéresse pas de sauver la ville en détruisant Witchfire. Amelyass n’était pas du genre à étudier longuement avant de balancer ses boules de feu, et il n’était qu’un apprenti. Le chef du Creuset d’Or doit être autre chose qu’un apprenti et doit sans doute connaître un tour pour faire fondre l’épée dans son putain de creuset !
Je leur dit tout de même que si je mets la main sur l’épée, je la leur rapporterai fissa pour qu’ils me montrent de quoi ils sont capables pour éviter la mise à sac de la ville.

On repart pour la capitainerie où on peut voir le capitaine Helstrom. Il ne peut pas faire sortir de force armée pour contrer l’arrivée de non-morts et il nous fera prévenir lorsque la ville aura besoin de forces vives. Albérich insiste pour que la milice soit équipée au maximum de gourdins ou de bons marteaux pour mieux briser les os qui bougent.
À priori, on en a fini avec son travail, je dois réclamer pour qu’il nous paie. Il donne 40 Couronnes à Albérich, je lui rappelle qu’il ne me doit rien alors qu’il allait faire de même pour moi. Je compte sur lui pour toute information sur Victor. Je réclame tout de même la part d’Amelyass. Albérich indique qu’elle servira pour l’Église et ses funérailles, et il prend aussi la bourse.

Je continue avec Albérich ma tournée des popotes. On passe au tribunal où l’agitation semble régner. Avec les festivités, les affaires à régler sont légions.
Je parviens à rencontrer la greffière du magistrat Borloch qui me confirme qu’il est à la capitale, au tribunal de Caspia, pour affaires, et qu’il rentrera après les fêtes. Elle ignore s’il est ou non déjà en route pour rentrer. Du coup, comme il n’est pas là, je lui demande qui est le magistrat le plus haut placé actuellement présent qui pourrait, sur requête judiciaire, nous permettre d’accéder à ses dossiers – le Père Dumas m’a en effet confirmé que le seul qui connaisse l’identité du bourreau est le magistrat ayant instruit l’affaire : Borloch.
Il est en pleine audience, j’arrive à mettre un visage sur le nom que sa greffière me donne : Kreel Belker.
Retour à l’Église et dodo bien mérité, en espérant ne pas être réveillé en pleine nuit !

6 Gorim

Raté !
L’alerte est donnée en plein milieu de la nuit.
L’attaque se fait par le fleuve. Je prends la longue-vue qu’Amelyass avait trouvé pour voir ce qu’il se passe.
Un navire de guerre de Corvis fait feu sur des squelettes entrelacés qui sortent de l’eau, format des sortes de radeaux improvisés portés par le courant au centre de la ville. Le canon ne peut pas grand chose face à la quantité de squelettes qui viennent des eaux. Il ne tarde pas à être pris d’assaut et à partir en flammes. La ville est attaquée, et pas à moitié.

Fuir !
Je me précipite aux écuries de l’Église pour retrouver la monture qui m’a servi à faire le voyage vers Fort Rhyker et je quitte l’Église. Direction les portes Est.
Mais c’est déjà trop tard. Un carrosse fou, conduit par des squelettes, déboule au milieu de la rue, écrasant des gens qui commencent à paniquer. Mon cheval se cabre et me laisse le cul par terre, alors qu’il s’enfuit, les yeux exorbités par la panique.
Je tente de gagner le Sud par un des ponts, mais les squelettes venus du fleuve le prennent d’assaut.
Blessés et morts jonchent déjà les rues et je dois me replier vers le Temple.
Je suis maudit. Après la guerre civile à Fharin, c’est encore pire à Corvis. Déjà que je m’en suis sorti par je ne sais quel miracle auparavant, je crois que là, tout est perdu, surtout si je vais à l’Église où toutes les forces vont se concentrer.
Mais quitte à mourir, j’ai l’impression qu’il ne faut pas que ce soit dans l’anonymat le plus complet. Voyons voir ce que l’on peut faire là-bas.

Je peux entrer par l’entrée Sud. Elle n’est gardée que par quelques prêtres. Elle n’est même pas barricadée. Il faut que je leur susurre l’idée.
Mais l’essentiel de l’action à l’air de provenir de l’entrée Ouest.
Boris et Albérich tiennent, avec un petit groupe de prêtres et le Père Dumas à leur tête, un pont constituant l’une des trois entrées vers l’Église. Avant de leur prêter main forte, je couvre d’une illusion la porte d’entrée du mausolée de la mère d’Alexia. Je ne sais pas si ça fonctionne comme dans l’un des rêves qui m’a hanté cette nuit, mais en tout cas, je vois la porte disparaître au profit d’un mur. L’un des novices qui gardait le lieu, bouche bée, semble confirmer l’existence de l’illusion. Dans la mesure où l’on peut évoquer une existence pour une illusion !

Puis je me rends au pont où j’aide à décrocher les grappins des squelettes qui tentent l’escalade.
La petite troupe semble bien tenir le choc face à l’armée des morts mais, tout à coup, je ne sais pas trop pourquoi, le Père Dumas sonne la retraite et l’on se retrouve, complètement à découvert, devant le mausolée.

J’ai confirmation que mon illusion fonctionne, mais pas parfaitement. Le pot-au-rose est découvert par une grande nana issue de je ne sais où, qui combattait auprès du Père Dumas lorsque je suis arrivé. Tout le monde voit maintenant les petites imperfections de l’image que j’avais élaborée, en pleine nuit en plus.
Albérich fait pousser des sortes de ronces qui ralentissent la progression des squelettes pendant que Boris lance… des boules de feu !
Je crois bien qu’il a réussi à décrypter le bouquin d’Amélyass.
Ma théorie ne paraît plus si farfelue. La magie d’Amélyass a infusé en nous. Albérich en convient aussi.
Au final, nous sommes rapidement encerclés par des centaines, voire des milliers de squelettes. Mais ceux-ci n’attaquent plus. Ils se contentent d’encercler le mausolée, et nous avec. Je me suis réfugié sur le toit du mausolée, ombre parmi les ombres, en attendant l’arrivée d’Alexia, ce qui ne saurait tarder.

Elle ne se refuse pas les effets spéciaux et arrive en volant, accompagnée des 4 sorcières qu’elle a relevées. Il leur manque toutefois leur balai.
Alexia nous demande de nous écarter et de la laisser passer, insistant sur le fait que cela mettra un terme à toute cette folie.
Elle ouvre comme si de rien n’était la porte du mausolée.
Je ne demande qu’à la croire sur ses intentions, mais… en fait, non. Nous n’en sortirons de toutes façons pas vivants. Albérich et ses semblables ne la laisseront pas faire. Son oncle la supplie à genoux, vainement. Puis Albérich semble faire une rapide prière à son dieu. L’irréparable va se produire, je le sens. J’en profite au même moment, encore grâce à l’esprit d’Amelyass, à voir mes fantasmes se réaliser : à l’aide de ma main, je défais d’un mouvement expert la grosse ceinture qui tenait les braies d’Alexia. Elles tombent à ses pieds et moi, je n’ai pas bougé ! Ma main semble s’être projetée comme par enchantement et il s’en suit un moment de confusion qui ne semble pas faire vaciller sa détermination. La honte qu’a provoqué mon geste n’a pas vraiment été utilisée comme je l’espérais par mes compagnons pour essayer de la stopper. Résigné, une larme au coin de l’œil, je vise sa gorge d’un de mes carreaux. Il ne touche que l’épaule.
Albérich court dans le mausolée ouvert suivi d’Alexia et attrape l’épée de sa mère : Witchfire. Elle luit d’un feu noir et est parcourue d’éclairs bleu acier peu engageants. J’entre dans le mausolée à mon tour. Alexia, bien sur, demande l’épée et, devant le refus d’Albérich, le paralyse encore une fois. Je suis à nouveau pris moi-même par cette désagréable sensation dans laquelle tout mon corps semble aussi rouillé qu’une vieille machine. Alexia s’empare de l’épée et ressort du mausolée. Les 4 sorcières, dont la tête a été recousue, se chargent du corps de sa mère pour le prendre avec elles.

Là, l’invraisemblable se produit.
Une créature, dont la lourde cape est ornée de crânes et qui porte un bâton fumant, d’aspect maléfique, se matérialise dans l’air, dans le dos d’Alexia. Elle lui plante une dague entre les côtes. Alexia et l’épée tombent, mais il n’a pas le temps de s’en saisir qu’une masse de squelettes le plaque au sol.
Il nous hurle de prendre l’épée, de lui la donner.
La fille qui avait mis à nu mon illusion semble connaître le gueux – est-elle de mèche ? Elle semble s’étonner de sa présence ici, croyait que son ordre, des inquisiteurs dit-elle, avait disparu.

C’est la confusion la plus totale.
Alexia n’en a cure, elle n’est pas morte, que blessée. Elle se relève, prend l’épée et quitte les lieux par la voie des airs, avec les sorcières, le corps de sa mère et Witchfire.
Les squelettes tombent au sol et redeviennent les tas d’os qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être.
La discussion avec, l’homme – un sorcier, un inquisiteur, un démon ? – ne s’éternise pas. Il ne veut pas dévoiler ses intentions mais jure ses grands dieux – lesquels ? – qu’il est de notre côté. Puis, en colère à cause de la disparition de l’épée, il disparaît, comme il est venu, nous laissant chacun là comme deux ronds de flan, au milieu de ce spectacle de désolation…

dimanche 13 septembre 2015

Fort Rhyker

Quand il faut y aller...

On n’a aucun indice sur où pourrait être le magistrat Borloch, ni sur l’identité du bourreau, et le début de la Nuit la Plus Longue est… pour demain soir ! Je dois avoir perdu la notion du temps, moi qui pensait qu’on avait encore quelques jours.
Du coup, aller sur Fort Rhyker, le lieu de l’ancien champ de bataille, semble être la seule option « viable », bien que je ne sois pas encore convaincu.
D’ailleurs, c’est moi qui doit convaincre le Père Dumas de se remuer un peu. C’est demain la Nuit la Plus Longue, merde, quoi. Et lui, il pense à aller se pieuter et ne prévenir que demain le capitaine de la garde de l’invasion qu’on pressent. Allez, on se bouge, on range ses mules et on part vers la capitainerie…
Ce n’est pas que je manque de confiance envers le Père Dumas, mais je veux être certain que la garde est bien prévenue par un dignitaire, et qu’on évite de se servir de nous. Du coup, je le file discrètement dans les rues sombres de Corvis.

Et là, voilà qu’on me siffle comme une donzelle. Ça a beau être le capitaine de la garde, ça donne un coup au moral. Un capitaine de la garde, seul, qui planque comme un vulgaire chouf, ils sont vraiment en sous-effectif.
Que me veut-il ? Il m’annonce qu’il nous fait suivre ces derniers temps et qu’il veut nous parler.
Avec son accord, pendant que le Père Dumas poursuit sa route, je le ramène à l’église pour une réunion avec Amelyass, Albérich et Boris.
Il nous explique qu’il soupçonne depuis quelques temps Alexia Ciannor – sans vouloir nous dire pourquoi – et qu’il suit de loin notre admirable travail.
Il souhaiterait que l’on enquête sur la disparition de deux de ses hommes qui étaient partis sur les traces Alexia à Fort Rhyker.
Comme on est bavard, on lui explique ce que l’on sait, en concluant que ses deux hommes sont sans doutes morts à l’heure actuelle.
Il faut absolument surveiller les entrées de la ville. Il nous répète à nouveau qu’il est en sous-effectif mais j’insiste : comme les contrôles sont lâches, le minimum à faire est de prêter un œil attentif pour contrer une tactique que je n’exclut pas : l’entrée éventuelle de zombies camouflés en provenance de Fort Rhyker. Sans vraiment répondre à notre avertissement, il nous supplie presque d’aller voir là-bas pour le compte de la ville.
Pendant que mes nouveaux compagnons négocient leur salaire, je négocie le “pouvoir d’enquête” de la ville pour retrouver Victor. Il me promet de vérifier si un nouveau riche s’est installé en ville, ou quelqu’un de la description de Victor. Mais ses paroles me donnent peu d’espoir. Je commence à douter que ce salopard se cache à Corvis, il faut que je pense à retourner à Fharin. Je me suis peut-être fait assez oublier pour pouvoir voir si Haley aurait par hasard du neuf…
Mais ça, ce sera si je ressors vivant des plages de sable fin de Rhyker !
On relâche le capitaine Helstrom pour qu’il rejoigne le Père Dumas, en espérant que ce dernier ne lui cache rien. D’ailleurs, n’ayant pas apprécié être filé, je me charge de filer le capitaine pour être sûr qu’il se rende chez lui. Il retourne à la capitainerie, pas de trace du Père Dumas sur le chemin.

4 Gorim

C’est l’aube, j’ai assez de valises sous les yeux pour partir sans équipement, mais le bon capitaine a prévu des petits cadeaux : un gros flingue, en prêt, pour le gros Boris, quelques potions de soins, une épée courte dépourvue de rouille pour remplacer la mienne, et surtout deux tonneaux de poudre de sa réserve personnelle. Par contre, pas de trace d’outillage de précision dans cette réserve. On a même deux chevaux en plus du cochon d’Amelyass et de la mule d’Albérich.

Je laisse les autres partir afin de faire un petit détour par le manoir des Sunbright. Impossible de passer le cap du majordome. La maison semble vraiment fâchée à mon encontre. Fais du bien à Bertrand, il te le rend en caguant !
Je rédige rapidement une missive obséquieuse faisant miroiter à Ragnon Sunbright des informations de première mains qu’il n’aurait pas déjà à propos de l’enlèvement de la dépouille de son père, précisant que je repasserai dans quelques jours.

Au galop, je récupère la trace des trois autres. Nous semblons maintenant former une vrai équipe.
Avant le soir, et la traversée d’un marais, nous voilà à Fort Rhyker : deux donjons de part et d’autre d’une profonde faille, reliés par un double pont : un pont en pierre, branlant, en partie supérieure et un pont-levis en bois en partie inférieure. Ce sont plus que des ruines, le fort tient encore bien, avec très peu d’ouvertures. Il doit y faire fort froid et sombre à l’intérieur.
À l’extérieur, on sait qu’on est tout de suite au bon endroit : des squelettes se tuent l’échine à ramasser des ossements qu’ils apportent au fort. On imagine aisément ce qu’il s’y passe.
Je passe en éclaireur espionner l’entrée du fort. Seuls deux gardes – squelettiques – à l’entrée. Ils se chargent de recueillir les ossements et passent par une porte, en délaissant une seconde. On se faufile sans se faire voir et on explore le premier donjon : pas grand chose à part le stockage des matières premières pour la manufacture de squelettes.
Le pont de pierre étant instable, on finit par emprunter le pont de bois. Je bloque toutefois le mécanisme du pont-levis avant de le laisser derrière nous. Un peu d’exercice me ferait du bien, car l’escalade vers le mécanisme d’entrée des chaines n’est pas des plus aisée. Pourtant, en vivant monacalement à l’église, je ne pensais pas pouvoir faire du gras…
Puis, je reste en retrait pendant que les autres passent. J’avais du flair, ils se font arroser de flèches. Cette fois, ce ne sont pas des squelettes, mais bien quatre hommes de chair et d’os – comme un zombie en fait – mais avec un supplément d’âme. Quoique : ils n’hésitent pas à nous arroser sans avertissement, mais leur angle est mauvais. Je peux pour ma part passer sans encombre pendant que mes trois autres compères entrent. J’essaie en vain de faire parler les hommes en haut – pas de réponse. Je finis par rejoindre les autres.
Il n’y a qu’un seul chemin jusqu’au toit, qui passe par quelques cellules ne contenant pas grand’chose à part quelques squelettes. On trouve aussi des rituels écrits pour pratiquer la réanimation des morts. Au stade où elle doit en être, Alexia n’en a sans doute plus besoin. Un peu plus loin, dans les sous-sols, une créature sauvage, mi-homme, mi-bête, ressemblant de loin à ce que mes lectures d’enfance voulaient faire passer pour un ogre, semble avoir pris le fort pour tanière.
On voit un long tunnel creusé qui pourrait être une sortie. Une fois que Boris s’est débarrassé de la chose – elle ne semblait pas vouloir, ou pouvoir, discuter, on retrouve hélas les corps des deux guetteurs envoyés par la capitaine Helstrom, à moitié dévorés. Albérich reprend leurs insignes, pour les rapporter à leur veuve, tandis que Boris trouve 4 ou 5 pierres qui pourraient intéresser un bijoutier. On décide de ne pas explorer le tunnel de la bête. J’aurais bien aimé pour voir si on arrive à une sortie, mais vu que notre arrivée est maintenant connue, ce serait en effet ballot de se faire prendre comme des bleus au fond d’un cul-de-sac.

On suit donc l’unique chemin qui mène en haut, sur un chemin de ronde. Afin de ne pas se faire surprendre, Amelyass et Boris prennent d’un côté, Albérich et moi de l’autre. Mais après quelques secondes, une explosion se fait entendre. Je demande à Albérich d’aller voir pendant que je garde mon côté mais il n’a pas le temps de revenir que deux des hommes sont en embuscade. Je n’ai pas d’autre choix que de défendre ma vie et, avec un brin de chance, je ne m’en sort qu’avec quelques éraflures, parvenant à mettre à terre mes deux agresseurs. Avec Albérich, on retourne rapidement vers Amelyass et Boris.
Ils sont assis en haut d’un escalier qui descend au fond d’une cour. Dans cette cour, des centaines de squelettes en formation militaire ! L’attitude des deux hommes face à cette situation me laisse perplexe. Souhaitent-ils mourir à rester ainsi à découvert ? Ils ont certes tiré un coup de feu (l’explosion d’il y a quelques minutes) et les squelettes ne semblent pas bouger, mais tout de même.
Je réfléchi rapidement à la possibilité de placer nos bombes au milieu de la cours, à l’aide d’une perche, mais on n’a pas le temps de mettre en place un plan. Les squelettes se mettent en marche vers nous. Des centaines…
Dans la panique, Amelyass jette un tonneau de poudre et le fait exploser un milieu des escaliers. Des esquilles d’os volent de partout mais… les escaliers sont quasiment intacts, rien ne pourra empêcher l’armée de non-morts de sortir de là.
Amelyass et Boris ont eu l’un des hommes, il nous en manque donc un. Peut-être est-il descendu dans le baraquement dans un coin de la cour ?
Nous n’avons pas le temps de tergiverser, on décide fort logiquement de battre en retraite mais Amelyass part de son côté sur le pont de pierre en très mauvais état mais qui laisse éventuellement une voie de sortie à l’armée. Il craint qu’elle ne la choisisse – le donjon n’a aucune sortie, juste ses connections avec l’autre donjon via les deux ponts et, peut-être, l’antre de l’homme-bête qui a tué les soldat du guet. On n’y croit pas, le pont est trop fragile, mais Amelyass part de son côté pour le faire sauter pendant que nous autres redescendons par là où nous somme venus, le pont-levis inférieur. Nous devrions pouvoir passer et vite le relever, sachant qu’il faut d’abord débloquer ce que j’avais bloqué plus tôt.
En descendant, je ressens, tel un éclair dans ma poitrine, un mauvais pressentiment, sans m’expliquer pourquoi. Des lumières fantômes semblent éclairer ma descente dans l’escalier sombre en colimaçon.
Arrivé au pont-levis, le pont supérieur n’a pas sauté et Amelyass gît au sol avec des débris de pierre tout autour. La tâche de sang qui s’étend lentement autour de son crâne ne laisse guère de doute, le petit homme est mort !
Nous n’avons pas le temps de nous apitoyer. Alberich prend le corps pendant que je débloque le mécanisme du pont-levis. Puis on le remonte avec difficulté et nous rentrons au plus vite à Corvis, laissant dernière nous une horde de squelettes que nous espérons coincés.

C’est seulement sur la route que l’on parvient à reprendre peu à peu nos esprits. Ma colère monte lors d’une pause lorsque je me retourne et voit au loin la forteresse. Les petits cailloux que je jette dans le vide pour calmer ma colère se transforment en autant de petites billes de lumière…

dimanche 5 juillet 2015

La Planque d'Alexia

Une cure dans les égoûts

Bon, il faut bien dire qu’une virée dans les égouts, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’y participer.
Je sens qu’Amelyass, qui se promène pourtant parfois avec un porc, n’a pas des masses envie d’y participer ! Qu’à cela ne tienne, je lui confie la mission de surveiller le Père Dumas, ainsi que de suivre, si elle se présente, Alexia.
De notre côté, avec Albérich et Boris, on se prépare à nager dans la pisse. J’ai d’abord la présence d’esprit de vérifier comment ressortir de là. Pendant que je reste à l’extérieur et leur laisse quelques minutes, Albérich finit par trouver un mécanisme de l’autre côté qui permet d’ouvrir le passage vers l’extérieur. Rassurés, on peut s’engouffrer dans les égouts. J’ai l’impression d’être psychiquement prêt : l’odeur n’est pas aussi atroce que je le craignais. Il faut dire que le flot est important et on arrive à une sorte de déversoir où confluent deux ou trois conduites principales. Le seul passage évident mène rapidement à une pièce confortablement meublée : coussins à profusion, table de travail, coffre avec pas mal d’écritures. L’endroit est clairement habité.
On n’a pas trop le temps de visiter que l’occupant des lieux se présente. Ou, plutôt, l’occupante. Car c’est bien d’Alexia dont il s’agit. Et pas de doute, c’est bien une sorcière : en un claquement de doigts nos muscles ne répondent plus, impossible de faire le moindre mouvement et c’est là qu’elle apparaît, dans toute sa splendeur.
C’est la panique. Avec sa magie, elle permet à Albérich et Boris de parler, mais pas à moi. A-t-elle peur de moi, croit-elle que je puisse la détourner de ses desseins ?
En tout cas, elle ne résiste pas à jouer cartes sur tables et à exposer ses plans. On avait tout juste, elle est dans un état de colère froide et cherche la vengeance pour ce qu’a subit sa mère. Selon elle, les accusations étaient complètement fausses. Sa mère et les autres accusées étaient effectivement sorcières, mais ne faisaient rien de punissable, bien qu’elle ne puisse avancer aucune once d’argument sur leur absence de culpabilité. Le juge, les jurés, la ville même est coupable à ses yeux de cette tragédie.
Et c’est bien de cela dont il s’agit, elle ne veut pas faire payer que les participants du procès, mais la ville même !
Albérich réprouve la nécromancie dont elle use et Boris commence à l’insulter alors qu’ils – que dis-je, que nous – sommes à sa merci… Elle me rend heureusement la parole et je peux détourner la colère qui montait en elle. Je lui propose mon aide, mais elle n’en veut pas. Elle ne me croit sans doute pas alors que je suis on ne peut plus sincère, j’aimerais la sortir de l’ornière dans laquelle elle s’est fourrée.
Elle dit nous laisser en vie car elle n’a rien contre nous, nous sommes des étrangers à la ville. Ainsi, nous pourrons expliquer à son oncle ce qu’il en est, exprimer ses regrets de devoir le mettre dans une telle situation. On sent qu’elle l’aime, ou tout du moins le respecte et elle semble, dans son délire, trouver ses propres actes justes. Si ça se trouve, elle est une fervente morrowite.
Elle met rapidement fin à cette conversation à sens unique en nous quittant par là où nous sommes arrivés, laissant derrière elle un mur magique. Notre paralysie s’estompe peu à peu et nous retrouvons la liberté de nos mouvements. Impossible de la suivre et de rebrousser chemin. Nous sommes enfermés, mais on espère qu’il existe une autre sortie, Alexia ne semblait pas souhaiter nous abandonner dans une prison.
Boris fouille la pièce qui constituait son repère. On y trouve notamment des mentions manuscrites éclairant notre lanterne :
Witchfire : forgée il y a de cela 300 ans ? Draine et emmagasine l’essence de la vie. Indispensable pour la résurrection. et, plus loin, Qui était le bourreau ?
Bref, Alexia cherche un objet – une épée, une enclume ? – qui pourrait lui permettre de ressusciter sa mère perdue, et elle n’a toujours pas trouvé le bourreau. Sa seule piste serait un homme aux yeux lumineux.
La pièce comporte une autre issue et nous visitons rapidement les lieux. On y trouve notamment sept zombies qui correspondent, nous n’en doutons pas un instant, aux sept jurés disparus. L’un d’eux porte une chevalière, il s’agit probablement d’Edbert Sunbright, le père de Ragnon.
Une partie du complexe comporte des cellules avec des squelettes portant, Boris finit par l’avouer, une pancarte indiquant Peste. Peu rassurant. Je vais éviter les contacts intimes avec le Khadorien dans les prochains jours ! L’une des cellules a sa porte complètement barrée par des planches clouées. On évite d’ouvrir le truc, si Alexia a jugé utile de le laisser ainsi !
Nous explorons ensuite une partie qui pourrait être d’importantes fondations. Celles de l’Église ?
En effet, après avoir habilement sauté au-dessus d’un précipice, nous arrivons dans les cryptes, presque propres, sans avoir pris un bain de merde ! Propres et sains, mis à part Boris, j’entends. Lui, il a un peu poussé la perversité…
Albérich peut nous guider jusqu’au Père Dumas à qui on raconte tout. Visiblement, le choc l’empêche d’avoir des idées claires et c’est presque s’il ne faut pas lui tenir la main pour qu’on lui montre le complexe trouvé après lui avoir parlé de notre rencontre avec sa nièce. Il semble nous croire et se raccroche à l’idée qu’elle est possédée. Grâce à ses pouvoirs face aux non-morts, nous parvenons à remettre à nouveau les jurés à un repos qui aurait dû être éternel.
La curiosité l’emporte aussi. Pour ma part, j’espère que cela nous apportera de nouveaux éléments. On fracasse donc la porte de la cellule soigneusement barricadée. Derrière elle, un autre squelette, animé celui-là, porteur de stigmates de la peste. Il parvient à égratigner Boris avant d’être terrassé. Brrr ! Plus besoin de pousser jusqu’aux contacts intimes, je vais tout simplement éviter Boris… comme la peste.
Quelques parchemins ornent la cellule. Boris nous lit la mention Sceau de Père est la clé de contrôle des morts et des vivants. Doit perfectionner ces glyphes.
Albérich croit se souvenir d’avoir plusieurs fois rencontré auparavant cette fameuse glyphe du Sceau du Père qui semble gravée dans l’os. J’ai bien l’impression qu’Alexia s’est entraînée là pour ses petites études de nécromancie, ou peut-être sa mère vu l’ancienneté des clous qui maintenaient la cellule fermée.
Nous finissons par retourner à l’Église. Le Père Dumas va se charger de faire prévenir les familles des jurés et leur rendre les dépouilles – certaines ressemblant hélas plus à de la pâtée qu’à une cadavre bien présentable. Les Khadoriens sont des brutes !
Du côté d’Amelyass, hélas, rien de neuf.
Et ensuite ? Et bien je n’en ai foutrement aucune idée. Boris et Albérich ont vu les mentions de la localisation d’un champ de bataille dans les notes d’Alexia. On imagine bien à ces notes qu’une des étapes de sa vengeance sera d’y aller pour lever une armée de morts qui détruira Corvis. Mais bon, je ne vois pas ce que j’irai faire là-bas avec mes petits bras musclés. En même temps, je ne pense pas qu’elle bougera trop vite avant d’avoir mis la main sur Witchfire, en espérant que ce ne soit pas encore fait. Pour ma part, j’aimerai plutôt tenter de retrouver le bourreau ou le magistrat Borloch, mais ça m’éloignerait sans doute de Corvis et de Victor

dimanche 14 juin 2015

La Forteresse Orgoth

Je savais qu'il ne fallait pas...

Concernant ma question précédente sur la nature des liens entre le Père Dumas et Alexia Ciannor, mon petit doigt me dit qu’il n’y a pas de lien de sang.
Il est fort probable que le Père Dumas fût marié à une fille Ciannor et que le père d’Alexia ne serait donc que le beau-frère du prêtre. Cela expliquerait le patronyme d’Alexia.
Bon, dans l’absolu, ça ne nous avance pas des masses non plus, il faut bien se l’avouer…

J’apprends aussi que le capitaine Helstrom a accepté d’essayer de retrouver de son côté le magistrat Borloch.

Ma longue nuit

On laisse Boris dans son trou à rats pour retrouver nos cellules monacales propices à la méditation. Non, j’déconne. Nous ne sommes heureusement pas chez les sœurs du silence et on peut refaire un point avec Amelyass et Albérich. Je susurre au nain l’idée d’utiliser sa position pour discuter avec ses frères et apprendre où est la sépulture de Père Lowrigh, afin qu’il puisse y aller vérifier qu’elle n’a pas été profanée.

Une fois débarrassé du nain, je peux m’épancher sur mon plan, seul à seul avec Amelyass. En effet, qui nous garantie que ce n’est pas un espion du temple qui est parmi nous pour nous aider à faire éclater une vérité qui arrangerait l’Église ? En plus, je suis sûr qu’il ne serait pas partant pour mon plan.
On dit que les gnomes n’existent pas et que ce sont des légendes. Il joue parfaitement son rôle et semble aussi curieux que les légendes le racontent. L’idée est d’essayer de repérer les appartements d’Alexia et, si elle les quitte, la suivre pour voir si elle osera aller voir le juge Folver, sauver la situation le cas échéant et sinon la suivre et rentrer avant elle pour fouiller sa chambre à la recherche de la robe avec l’accroc. Je conviens avec Amelyass de le prévenir discrètement lorsque l’action s’y prêtera. En attendant, il consent à me prêter sa petite trousse d’outillage que j’avais repérée. C’est ce que je voulais. Je lui donne pour ma part le morceau de tissu trouvé chez les Sunbright. Ce serait ballot de se faire piquer avec.

Je reste donc de faction dehors jusqu’à tard, attendant qu’il n’y ait plus de lumière dans les parties habitées de l’Église. Impossible de repérer les appartements de la donzelle, et personne ne quitte l’Église.
Je décide de passer à l’action. L’auberge de Boris est fermée. Si j’avais dû fermer à la première heure de la nuit, ma Fierté de Fharin n’aurait jamais été rentable comme elle le fût. Pas de vin non plus dans les réserves de l’Église – en tout cas celles accessibles. Bref, je ne passerai pas pour un poivrot, on va se le faire sans couverture.

Je rejoins la partie générale où j’estime qu’il est possible qu’Alexia loge. Des deux premières portes sont issus des ronflements qui n’ont rien de féminin. À la troisième porte, une respiration régulière. Alexia qui dort ? La porte est close, mais la clé est dans la serrure. C’est un jeu d’enfant de glisser sous la porte un morceau de couverture au dessous duquel j’ai laissé une feuille de parchemin. La clé tombe sans bruit sous la couverture, que je retire, laissant la clé sur la parchemin. Le tout est assez fin pour passer sous la porte. Je peux ouvrir sans trop de bruit. Mais un grognement se fait toutefois entendre. Ce que je dérange n’est clairement pas du beau sexe. Je remets la clé du bon côté et ferme discrètement la porte.
À la quatrième porte, aucun bruit. J’utilise la même technique. Mais, sans faire entrer de lumière, impossible de voir ce qu’il y a à l’intérieur.
Amelyass m’avait dit qu’il voyait la nuit. À lui de me prouver qu’il n’est pas seulement un humain contrefait, mais aussi un magicien doté d’un certain talent. Je gratte à la porte, mais le gnome, au lieu de sortir discrètement commence à brailler un Ouais ? endormi. Du coup le nain se réveille aussi. C’est raté pour la sortie discrète. Je me planque dans l’escalier non loin et le laisse se dépêtrer avec son colocataire. Visiblement, le nain n’aime pas être réveillé et ils commencent à se chamailler. Ils se rendent tous deux dans les lieux d’aisance. Je ne sais pas jusque où va la surveillance du nain suspicieux envers le gnome, mais Amlyass finit par lui dire qu’il va étudier tranquillement et me rejoint.
Il regarde à la porte et me dit que c’est un homme qui est à l’intérieur. Déception ! Toujours pas la bonne porte. La suite du couloir mène à un étage inférieur. Je ne crois pas que ce soit là.

Avec Amelyass, on est déçus. Mais, motivé par l’excitation, il me sort un plan B pas bête. Faire parvenir une lettre à Alexia afin de voir où elle sera déposée.
Je lui prépare une lettre où je déclare ma flamme à Alexia et lui conte combien elle m’a ébloui lors de notre brève rencontre et que j’espère pouvoir m’entretenir avec elle une fois la Longue Nuit passée, tout en me contentant de signer avec mes initiales. Je ne donne pas mon identité, mais si elle le souhaite, elle a les éléments pour me retrouver facilement.
Amelyass doit profiter des mâtines pour faire remettre la lettre et me réveiller avant pour que je suive, depuis l’intérieur, son trajet.

2 Gorim

Deux heures de sommeil à peine et c’est le branle-bas de combat : les mâtines. Les prêtres n’ont aucun respect pour le sommeil des autres, contrairement à Amelyass qui me laisse dormir ! Heureusement que j’ai assez d’esprit pour quitter ma cellule et me poster dans le hall d’entrée. Il a remis la lettre à un clochard – ça fait sérieux !

Une fois réceptionnée, personne pour l’apporter à domicile, elle est simplement déposée à l’intendance. Ô rage !

Comme ça ne bouge plus et que je suis réveillé, autant me taper le service religieux où Albérich, en bon nain suspicieux, me raconte le manège d’Amelyass, qu’il soupçonne d’agir dans son dos au détriment de l’Église. Je le rassure en lui promettant de surveiller le gnome.

Je surveille à nouveau ma lettre à la sortie de l’office et pendant que nous nous sustentons. Elle reste désespérément à sa place.
Pendant le déjeuner, Albérich nous convainc, à regrets pour moi, de parler au Père Dumas de l’avancée de notre enquête, et de la raison pour laquelle nous allons quitter la ville dans la matinée.

Pendant qu’Alébérich est en entretien et que je surveille la lettre, voilà que, je ne sais comment, Amelyass me rapporte une clé. Il aurait trouvé l’entrée d’un couloir menant à deux appartements de plus haut rang, sans doute ceux du Père Dumas et de sa nièce. Il n’a pas de cire. Je sors réveiller mon marchand de matériel calligraphique préféré pour lui acheter de la cire à cacheter, prétextant avoir un besoin urgent d’envoyer des missives ce matin car je quitte ensuite la ville.
Nous faisons un moulage de la clé que le gnome garde sur lui. Il pourra bricoler pendant le voyage une clé utilisable. La clé est remise en place.

Voyages, voyages

Le jour finit par poindre, j’ai des valises jusqu’au milieu du visage et Albérich a achevé son entretien avec pas mal d’informations qu’il nous révélera sur le chemin.
Nous quittons Corvis. Ma fatigue me fait oublier d’aller vérifier si le juge Folver est toujours vivant avant que de ne quitter la ville, sous la neige en plus !

Selon Albérich, le Père Dumas a une réputation excellente, sa foi et sa piété sont un phare pour les fidèles. Il a avoué être perturbé par la tournure que prenait l’enquête. La petite construction près de l’entrée de l’Église, énigmatique, sans inscription, et taboue pour le clergé, est en fait la sépulture de la mère d’Alexia, la sorcière sous la bannière de laquelle l’assemblée s’était réunie. Devant les soupçons qui pèsent sur sa nièce, le Père Dumas accepte d’une part de doubler la garde devant la sépulture, et aussi de mettre sous surveillance Alexia.
M’étonnerait pas qu’elle se soit envolée lorsque l’on reviendra !

Boris prenant toute la place dans la charrette d’Albérich, impossible de se reposer correctement, mais je suis au moins à l’abri de la neige.

La Forteresse

En début d’après-midi, on finit par tomber droit devant la forteresse.
Ce sont les ruines d’un fort à moitié enterré.
La porte d’entrée a été défoncée, un peu comme la sépulture chez les Sunbright. Alexia et son déluge de magie semblent déjà être passés par là.
L’intérieur est à l’abandon depuis des années, seulement visité, semble-t-il occasionnellement, par des gobbers. L’un d’eux n’a d’ailleurs pas pu s’enfuir à notre approche. Il est terrorisé, mais pas par nous, par ce qu’il a vu. On arrive à en tirer, interprétation faite, qu’Alexia – ou au moins une personne collant globalement à sa description – est passée par là comme on le pensait, avec son cortège de zombies et force magie en plus.

On le laisse derrière nous et on avance dans la forteresse vide pour arriver devant quatre sarcophages devant lesquels cinq squelettes animés montent la garde. Galère !
Je n’ai pas trop le temps de faire marche arrière que déjà Albérich et Boris se sont engagés au combat devant ces engeances, alors qu’Amelyass bloque la sortie.
Devant ce spectacle, je dois bien me résoudre à croire aux non-morts. Il va falloir que je sauve ma peau. Je ne vais tout de même pas me laisser transpercer par des sacs d’os !
Je me résous donc à empoigner le gourdin que m’a fabriqué Albérich, mais ces horreurs devaient être soldats de leur vivant, et ils n’ont pas tout perdu.
Mes coups ne leur font pas grand mal et l’un d’eux s’acharne sur moi, me portant une estafilade de son épée rouillée. Je n’ai pas le temps de reculer que le monde devient rouge… Je savais qu’il ne fallait pas que je vienne !

Albérich est penché sur moi lorsque j’ouvre à nouveau les yeux. Les os sont redevenus des os, éparpillés. Morrow semble penser que ma carcasse a encore droit à un sursis. La vilaine blessure qui suinte sur mon flanc semble être en bonne voie de guérison. Ou cela fait plusieurs jours que je suis là, ou Morrow m’a réellement béni – à moins qu’Albérich soit un sorcier ?
Bon, si je continue à suivre les traces de la donzelle en blanc, va falloir se défendre. Je prends donc une des petites épées des squelettes pour avoir une arme autre qu’un bout de bois.

Naturellement, les sarcophages ont été ouverts et sont vides. Il manque les corps des quatre sorcières, en attendant qu’il en soit fait de même avec Ciannor mère. Les vieilles traces de sang à hauteur du cou semblent indiquer qu’elles avaient été décapitées. En tout cas, plus trace d’elles et la journée est trop avancée pour rentrer. Va falloir camper ici.

Comme on a un peu de temps, Amelyass essaie de pêcher dans un lac souterrain au fond duquel j’avais vu, je le lui indique, briller un peu d’or. Pour ma part, je ratisse rapidement le sol où il avait trouvé quelques pièces d’argent, quelque fois qu’il y ait un gisement inexploité ! Mais rien.

Amelyass, lui, excite un gros calamar qui niche là. Albérich, grâce à son don des “langues” fait ami-ami avec la bestiole, lui donne de ses ration et va lui faire un gros câlin dans l’eau. Beurk !
L’essentiel, c’est qu’il nous rapporte ce qu’il y a au fond. Un peu d’or d’origine Orgoth – je récupère 2 pièces, mais surtout une dague qui semble être une véritable oeuvre d’art, malgré les années passées sous l’eau.
Les autres préférant leurs armes, je la récupère avant qu’on puisse la faire expertiser par un collectionneur.

3 Gorim

La nuit est calme et le lendemain, je ne ressens presque plus de douleur. En plus, la neige s’est arrêtée de tomber.

On ne choisit pas sa famille

On retrouve Corvis vers midi.
Et là, que nous apprend le Père Dumas lorsque nous lui faisons notre rapport ? Bingo ! Sa nièce a disparu…

Je n’ai pas besoin de trop insister pour que l’on ouvre la sépulture de sa mère. Elle est fermée et protégée magiquement et seul lui peut l’ouvrir – il faut une clé qu’il a dans un coffre dans sa chambre et une formule magique. Le coffre est également verrouillé par magie. L’essentiel, c’est que la sépulture, de l’intérieur, ne semble pas profanée – pour l’instant.

De même, le Père Dumas consent à ce qu’on jette un coup d’œil dans la chambre d’Alexia. Il blêmit lorsque je lui montre que le morceau d’étoffe que j’ai trouvé chez les Sunbright est bien celui qui manque sur une des robes déchirée de la demoiselle.

Amelyass et Albérich déchiffrent un livre trouvé dans la chambre, sur l’architecture et l’histoire récente de Corvis. Une page cornée indique une entrée par les égouts dans la ville souterraine. Veut-elle passer par là pour rejoindre sa mère ?

Le Père Dumas se sent obligé d’aller prévenir le capitaine Helstrom. Pour le rassurer, je lui confie que tant qu’on n’en sait pas plus, inutile de mouiller sa nièce dans l’histoire. On va essayer de la trouver. En attendant, il devra sécuriser l’accès au tombeau encore plus, si c’est possible.

Au passage, il peut déchiffrer les runes Orgoth sur la dague :
Pour mon fils Ryark. Puissent tes coups toujours toucher au but. Général Orios III

On se prépare rapidement pour une sortie des plus réjouissante dans les égouts de Corvis. L’entrée secrète est vite localisée et on descend un escalier s’enfonçant dans les entrailles de la ville…

samedi 4 avril 2015

Recherche cadavres désespérément

Recherche cadavres désespérément

7 Donard

En attendant la fin du service du capitaine du guet, je me trouve quelques vêtements de bonne qualité, qui me permettront de passer pour autre choses qu’un mendiant ou un vulgaire spadassin parcourant les routes. Je me trouve une veste de velours noirs d’une très belle coupe cintrée, avec un pantalon assorti. Je trouve également une chemise jaune pâle et quelques accessoires du même ton pour accommoder à la veste pour des occasions plus guindées. Enfin, une belle paire de souliers cirés.

Nous retournons ensuite au guet avec le Albérich, Boris et Amelyass. On parvient cette fois à avoir une entrevue avec le capitaine. C’était un peu brouillon et je ne sais pas ce qu’il pense de notre assemblage hétéroclite, mais il a l’air de nous croire puisqu’il ajoute son blanc-seing à la lettre du Père Dumas. Il nous demande juste de rester discrets dans notre enquête pour éviter d’affoler la ville, ce qu’il ne pourrait pas gérer maintenant – il comptait s’occuper du problème après la Longue Nuit.
Comme j’en déduis qu’il se prépare sans doute un truc pas tout à fait morrowite avec ces histoires de morts qui marchent, à une semaine de la Longue Nuit, si on veut donner satisfaction au Père Dumas, va falloir démêler l’écheveau avant cette date.
Il faut donc agir vite.
Je propose donc de faire un tour encore avant demain à l’un des lieux le plus proche, à la ferme Gaddock qui n’est qu’à une demie-heure d’ici.

Grâce à nos sauf-conduits, on peut s’arranger avec la garde afin qu’il nous laisse rentrer en ville après la fermeture des portes une fois la nuit tombée.

Les Gaddock

La ferme est conduite par une honnête famille de paysans. Le chef de famille, lorsque je lui explique la raison de notre présence, nous dit que la tombe de son père a été profanée. Son fils surgit dans la pièce, expliquant qu’il a vu pépé s’en aller, qu’il faisait une drôle de tête. Voyant qu’il essaie de faire taire son jeune fils affabulateur, je tente de le neutraliser en poursuivant la discussion avec lui pendant que les autres suivent le gamin à l’extérieur pour en apprendre plus.
Au total, ce que l’on retire de notre visite, c’est que le grand-père, mort il y a trois ans, devait avoir une certaine instruction : il a été enterré avec ses plus beaux habits et son monocle – accessoire qu’il n’a hélas pas emporté avec lui, car on le retrouve au fond de la tombe.
D’après le fils, le mort est parti vers la forêt. L’inspection de la tombe montre que si le mort s’est relevé, c’est avec une aide extérieure. La tombe a été creusée, le mort n’a pas gratté le sol pour en sortir. Nous promettons au père Gaddock de lui rapporter la dépouille de son père et rentrons en ville, à l’église.

Boris prend une chambre dans une auberge proche, ce qui me laisse une cellule pour moi seul afin de prendre une courte nuit de repos.

1 Gorim

Réveil difficile, les prêtres sont matinaux et Albérich ne tarde pas à venir frapper à ma porte après ses matines. Devant un petit déjeuner, on discute du programme de la journée.
J’essaie de les convaincre qu’il faut que je me rende seul rencontrer les Sunbright, j’ai l’habitude de frayer avec la noblesse et la prendre dans le sens du poil. Les apparences sont très importantes pour eux et je pense être celui qui pourra faire le mieux illusion. Ils pourront de leur côté enquêter vers les autres lieux de disparition de cadavres.
Ils finissent par accepter mais je sens bien qu’ils ne sont pas convaincus – ce qui renforce ma propre conviction s’ils ne veulent pas le comprendre !
Rendez-vous est donné à l’Hippocampe assoiffé pour faire un point au déjeuner, ou à l’église le soir si le rendez-vous ne peut être honoré.

Les Sunbright

Me rendant dans le quartier huppé où résident les Sunbright, la demeure en impose au milieu d’un parc fermé par un mur hérissé de pointes en fer forgé. Aucun commerce dans les environs, ni de domestiques qui sortent de la propriété. Je rebrousse chemin vers la place de marché la plus proche pour écouter le bruissement de la population. Je dois avouer que les Corvisiens ne sont pas des plus bavards.
Je fini par m’installer à une table où se sustente ce que j’espère être une commère. Las, il faut presque un pied-de-biche pour lui faire ouvrir la bouche. D’après elle, les Sunbright ne sont pas faciles d’accès. C’est une famille noble pratiquant le commerce. Je n’en saurai guère plus.
J’en profite pour insinuer qu’ils ont des relations avec des gobbers en expliquant que c’est sur base de cette rumeur que j’ai un peu d’anxiété avant d’aller les voir pour me faire rembourser une somme qu’ils me doivent.
Une fois qu’elle quitte l’auberge, je la suis pour la loger et pour voir si je peux compter sur elle pour répandre ma rumeur. Et bien non, elle ne cause à personne sur le chemin et finit par entrer dans une demeure à trois maisons des Sunbright.

Je me change dans un coin discret pour une tenue qui sied mieux à une visite dans la haute et je me présente à la propriété des Sunbright.
Le domestique me reçoit et je parviens à rencontrer le chef de famille, Ragnon Sunbright. Un homme doté de grosses moustaches, d’abord extrêmement désagréable, il me refuse d’abord l’accès au caveau pour voir ce qu’il s’est passé. Il me semble soit suspect, soit n’en avoir rien à carrer.
Je finis toutefois par le convaincre en lui expliquant que des rumeurs, que j’ai entendues ça et là, font état de relations d’affaires entre gobbers et Sunbright. Je pense avoir touché au but en lui expliquant que résoudre cette enquête me permettra de les faire taire. Il semble affecté qu’un concurrent puisse utiliser de telles armes pour l’affaiblir.
Il n’a par ailleurs pas entendu parler de l’installation d’un nouveau riche dans le quartier ces dernières semaines. Victor, tu n’es, hélas, pas aussi stupide…
Le caveau familial avait une porte de marbre d’une quinzaine de centimètres d’épaisseur. Avait, car elle a été explosée, depuis l’extérieur. Les débris portent des traces noirâtres de brûlures. C’est à mon sens soit un quelconque sortilège, soit un coup de canon qui a été porté au caveau. Il n’y a pas de trace de projectile à l’intérieur, c’est donc pour moi l’oeuvre d’un sorcier.
De tous les emplacements du caveau, seul un a été profané il y a trois semaines, celui du mort le plus récent, il y a 8 ans, Edbert Sunbright, le père de Ragnon. C’est Edbert qui a construit le petit Empire marchand faisant la richesse des Sunbright.
Sinon, il ne reste aucun indice à l’intérieur du caveau.
Étonné que personne n’ait entendu le bruit fait par l’explosion de la porte, Ragnon m’indique qu’il était avec sa famille dans une résidence secondaire à l’autre bout du royaume. Ses domestiques n’ont rien entendu, la nuit était très orageuse.
Des domestiques, même après les avoir interrogés individuellement, je n’en tire rien.
La famille vivant dans la propriété est réduite : Ragnon, sa femme et ses deux enfants de 12 et 14 ans.
À l’extérieur, en regardant par où le pilleur de tombes a pu passer, aucune trace au sol ou sur les murs – des deux côtés, mais je repère l’endroit du passage et peut récolter une preuve matérielle que je montre au majordome des Sunbright : un morceau de soie blanche déchirée, long d’une main, que je place soigneusement dans une feuille de parchemin chèrement acquise un peu plus tôt.
Alexia, ma belle, je te soupçonnais sans raison réelle autre que mon flair. Tu apportes de l’eau à mon moulin, toi qui te vêts de blanc alors que c’est l’apanage de peu de gens à Corvis.
Par contre, aucune trace de la méthode utilisée pour sortir le corps du domaine – animé ou non.
Dans la demeure voisine, dont les fenêtres donnent sur l’endroit d’où est entrée ou sortie Alexia… euh… le suspect, ils n’ont rien vu ni entendu. Même réponse lorsque j’essaie de les motiver en leur faisant comprendre qu’il est bon qu’on règle un petit problème d’ordre public afin que la situation ne se dégrade pas dans le quartier. La maîtresse de maison m’a l’air sincère.
Avant de repartir vers l’Hippocampe assoiffé, je me change et fais un petit tour vers l’endroit où travaille ma commère : pas de trace d’elle.

Je commence donc à déjeuner en attendant l’éventuelle venue des trois autres lascars.
Seuls deux arrivent : Boris et Albérich. Amelyass rend visite à son collège de magie.
On fait le point. J’étais assez content de moi mais j’avoue qu’ils ont très bien bossé et rapportent plein d’informations, surtout tirées de la ferme des Fulett qu’ils ont eu le temps de visiter, ainsi que le cimetière Nord.
Il semblerait que les victimes soient toutes les jurés d’une affaire de sorcellerie qui remonte à une dizaine d’années. Les sorcières ont été condamnées et décapitées, leur corps déposé on ne sait où. Les autres jurés sont donc en danger.
Et qui fait partie des condamnés : la belle-sœur du père Dumas, qui n’est autre que la mère d’Alexia.
J’avais des soupçons infondés, j’ai récupéré un début de preuve – il serait bon de voir dans ses appartements, si on les trouve, si une robe déchirée ne complète pas mon morceau d’étoffe. On a maintenant un motif solide !
Par contre, il est peu probable que le Père Dumas ignore le lien entre les noms des disparus et le procès. Pourquoi nous embaucher ? Il espérait avoir des bons à rien qui puissent conclure tranquillement que ces disparitions ne sont que des actes isolé ? Il va falloir être sur nos gardes…
L’accès aux archives de la ville pour voir les détails du procès leur a été refusé, malgré les papiers signés de l’Église et du guet. On décide d’aller voir la capitaine Helström pour nous ouvrir les portes dès que Amelyass sera revenu.

Au guet, le capitaine n’est pas là et le planton n’a aucune idée de comment le retrouver ! Personne autre que le capitaine ou son lieutenant qui est avec lui n’a assez de pouvoir pour nous ouvrir les portes des archives. On le fait chercher, mais ça risque d’être long. Si ça se trouve on n’aura rien avant ce soir.
Afin de gagner du temps, nous décidons de laisser Amelyass sur place pendant que je vais avec Albérich enquêter au dernier endroit encore non visité : le Cimetière Est, hors de la ville, contrairement au Nord. J’aurais bien aimé avoir Boris qui me semblait plus utile hors de la ville que dans les archives, mais visiblement ma présence l’indispose et il préfère rester avec le petit homme. On les retrouvera au guet ou aux archives.

Hopeless et Buckett

Le Cimetière Nord est loin de la ville et isolé. Il n’y a pas âme qui vive !
C’est sans doute le cimetière des indigents, il pue la putréfaction et est immense. Belle après-midi en perspective !
Sans surprise, on finit par retrouver les deux tombes creusées et vidées de leurs occupants, morts il y a moins d’une dizaine d’années, et il n’y a même pas un gardien avec qui parler, et bien sûr aucune trace exploitable. Bref, chou blanc sur toute la ligne, mais il fallait bien s’y coller.

De retour au guet, le capitaine est passé et a ouvert la porte des archives à Amelyass et Boris. On se rend donc aux archives et… personne. Interrogé, l’archiviste nous répond qu’ils sont partis chez le juge Folver. On obtient l’adresse et l’on s’y rend. Là-bas, on apprend qu’ils viennent de partir ! Je vais tourner chèvre…
On retourne donc à l’église où on les rejoint pour dîner une excellente potée aux rutabagas. On y apprend que le patronyme d’Alexia est Ciannor et qu’elle n’a plus de parents, elle est élevée par son oncle et loge donc dans les murs de l’église de Morrow.

On se rend ensuite dans le bouge qui sert de refuge à Boris pour parler plus tranquillement à l’abri d’oreilles indiscrètes.
Le procès s’est tenu en secret. Seuls les participants sont au courant.
Le juge Folver a été prévenu qu’il risque d’être une cible. Le magistrat Borloch, qui instruisait le procès est lui injoignable. Il est… en vacances.
Quant au bourreau, la coutume veut que son identité reste secrète.
Il faut que j’éclaircisse encore le lien de parenté entre Alexia et le père Dumas. Car si elle porte le patronyme de Ciannor, c’est que son père devait porter ce nom, et donc que sa mère soit la sœur du père Dumas. Or il semblerait que ce soit sa belle-sœur mais Amelyass semble croire qu’il y ait des raisons qui fasse qu’il pourrait ne pas être au courant.
La dernière information : on sait où sont les corps des cinq sorcières, à cinq heures de pérégrination dans la forêt, dans un ancien fort magiquement scellé par le Père Lowrigh, le prédécesseur du Père Dumas. Hasard ? Je ne crois pas…
De plus, à qui appartient le grand caveau à l’entrée de l’église de Morrow : il n’a pas de nom et les prêtres ne le savent pas ou ne veulent pas le dire.

samedi 7 mars 2015

En route pour Corvis

La Cité des Fantômes

604 A.R.

Ashtoven

Corvis, la Cité des Fantômes, voilà où s’est réfugié Victor.

Naturellement, je n’ai plus un sou pour me rendre sur place.
Heureusement, Ennis a un cousin spadassin très occupé qui a pu me recommander auprès d’un convoyeur de biens, un certain Gunnar, pour faire partie d’une escorte. J’ai apprécié.
Je ne sais pas comment il a vendu mes talents en tant que guide escorteur, mais il a réussi. À part une petite arbalète qui tient dans la main, je ne suis pas armé et je n’en impose pas vraiment !
Peu importe, je suis engagé.

Remarque, la clique des escorteurs est hétéroclite, le marchand a vraiment dû faire les fonds de tiroir.
Il y a bien un guerrier dans le lot qui doit pouvoir tenir correctement sa place, un Khador du nom de Boris – il s’appellerait Maurice qu’on reniflerait tout de même le Khador à une lieue !
À part cela, Albérich, un nain qui n’est en fait qu’un prêtre itinérant de Morrow et, par les dieux, un vieux gnome barbu et tatoué qui se promène sur un porc, lui aussi tatoué ! Lui aussi sans arme, le bougre semble faire de la sorcellerie. C’est peut-être ainsi qu’il s’est vendu. Il se fait appeler Amelyass Amenitor.

Heureusement, la voyage est calme, jusqu’à arriver en vue de Corvis.
Il faut disperser un groupe d’une douzaine de gobbers venus nous piller. Ils ont vite le dessous et impossible de les faire fuir, ni même de discuter avec le prisonnier que j’ai réussi à faire.
Je le renvoie chez les siens pour leur apprendre que l’embuscade était une mauvaise idée.

Par contre, je confirme qu’on n’était vraiment pas taillés pour servir d’escorte.
À moi tout seul j’ai réussi à mettre hors d’état de nuire le tiers de la troupe !
Bon, et bien vaut mieux maintenant qu’au départ, je n’aurais guère été rassuré.

Par contre, l’un des gobbers possédait une machine à faire du brouillard – d’où l’embuscade – que le gnome s’est précipité d’empocher. D’où diable sortent-ils ce truc ?

Une fois à Corvis, le marchand s’arrête à l’église de Morrow où l’on rencontre le Père Dumas. Il a l’air content de nous et est prêt à faire avec nous la route du retour la semaine prochaine. J’ai enfin un peu d’argent de côté grâce à une bonne paie – 25 pièces d’or.
On peut joindre si nécessaire Gunnar à l’Auberge du Cheval Cabré. Je lui indique que s’il a besoin, lui, de me joindre, il peut laisser un mot à l’Église, je vérifierai avant son départ si je ne loge plus sur place.

Devant les louanges, le Père Dumas semble penser qu’on puisse faire quelque chose pour son problème : des tombes ont été profanées ces derniers jours, et les corps volés. On aurait vu des morts qui marchent dans la Basse Ville et la semaine prochaine, c’est la fête de la Longue Nuit et le guet n’a pas le temps de s’occuper de ce problème.

Avoir le principal religieux de la ville dans la poche est un atout, je m’empresse d’accepter alors que les autres gardes négocient un salaire. Je me contente de négocier un accès au capitaine du guet pour un problème personnel : savoir si Victor est en ville, et où !

Ayant l’assurance d’obtenir l’aide du père Dumas après leur petite sauterie, j’écoute son problème.
La première disparition date d’il y a un mois, la dernière d’il y a trois jours. Aucun point commun.
Voici la liste des disparus :

  • Familles Silva et Monzonatta, dans le cimetière Nord
  • Famille Gaddock, une ferme isolée à 15 – 20 minutes à l’ouest de Corvis
  • Famille Sunbright, en leur domaine au sud de Corvis
  • Familles Hopeless et Buckett, dans le cimetière Est, hors de la ville
  • Famille Fulett, dans une ferme au nord.
  • Pendant l’exposé, une étrange visite : la nièce du père Dumas, Alexia, une ravissante jeune fille tout de blanc vêtu qui s’excuse de nous déranger et repart.

J’obtiens un papier certifié de l’Église me permettant de mener l’enquête (les 3 autres, volontaires aussi, ont le même).
J’ai même une clé pour une cellule au temple à partager avec Boris – bon, là, je vais essayer de trouver mieux ailleurs…

Au niveau des gobbers, on apprend que la rumeur indique qu’ils feraient des trafics d’on ne sait quoi avec des locaux. Ceci expliquerait peut-être qu’ils furent en possession d’un appareil à brume.

On part alors pour obtenir un rapide entretien avec le Capitaine Helström afin de l’informer de nos recherches, et éventuellement avoir des informations complémentaires. Trouver la capitainerie est une véritable expédition et ensuite, avoir une entrevue en fin d’après-midi une autre. Ça passe mieux en soudoyant un peu l’officier de garde. Il faut bien cela pour rattraper l’arrogance du Khador et le manque de savoir-vivre du gnome, qui entre avec son porc dans le guet. Je ne sais pas s’il vit simplement sur une autre planète ou si c’est de la pure provocation. Dans que but alors ?

Bref, on se retrouve dans une auberge à attendre notre entretien avec le capitaine.

vendredi 6 mars 2015

Chasse à l'homme

Comment j'en suis arrivé là ?


La vie était belle.

Caspien originaire de Mercir, j’ai refait ma vie à Fharin.

Mercir était devenue trop compliquée.

Mon établissement, la Fierté de Fharin, était prospère. Tout le gratin de la ville venait profiter de ma cuisine et de mes services exotiques.


Le propriétaire des murs, très proche de moi, était le Général Améryly, un Midlunder véreux détestant viscéralement les Khadorans. Il venait d’être nommé à un poste d’importance auprès du Roi. Je sais qu’il est violent et traîne dans de nombreux trafics. Je pense qu’il m’aime bien, ce que j’essaye de lui rendre, non par fidélité, mais, je dois l’avouer, par crainte.


Ma clientèle formait un mélange harmonieux entre les dignitaires de tout poil – notables, armée ou pègre locale. Tous savaient que l’endroit était idéal pour les rencontres en terrain neutre.

Certains produits de plaisir circulaient librement, à bon prix : c’est-à-dire chers, mais avec une discrétion assurée.


Puis il a fallu que Haley, ma fille, décide de quitter sa mère, une Sulese, à Mercir sur un coup de tête pour s’installer chez moi.

Je ne l’avais pas vu depuis sa naissance, il y a plus de 20 ans.

Les cohabitations des premières semaines ont été difficiles. Elle était plein d’idéaux et moi je n’avais pas l’habitude d’être encombré de la sorte.


Et puis, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, tout s’est emballé : une révolte de la populace a eu lieu dans le quartier.


Dans la panique, ma fille, considérée comme étrangère en tant que mi-sulese, a été enlevée par un groupe d’extrémistes n’ayant rien à voir avec les manifestants.


J’ai dû précipitamment faire évacuer la Fierté avec mes amis et employés à cause de l’émeute – les émeutiers avaient dérobé on ne sait comment des robots de destruction.

Seulement, il a bien fallu que j’évacue aussi, et surtout, mon magot : 8,000 pièces de bon or. C’est assez lourd et peu discret.


Retirés un peu plus loin du centre de l’émeute, je parviens avec l’aide du général, de deux de mes amis et de mes fidèles employés, à remettre la main sur ma fille en mettant en fuite les ravisseurs.

Mais, pendant l’opération, au comble de la confusion, la magot disparaît !


Fou de rage, persuadé qu’il a été dérobé pendant la libération par un groupe de manifestants présents, j’approche seul de leur chef.

Ce con, au lieu de me rendre mon fric, m’annonce qu’il ne l’a pas et me capture. J’ai trop parlé, il espère m’échanger contre le grisbi que je viens d’évoquer !

J’ai beau gueuler, ça ne rentre pas dans leurs caboches de crétins : si ce n’est pas eux qui l’ont pris, c’est un de mes proches qui me l’a volé. Il ne va sans doute pas payer de rançon pour moi !!!

Je ne vaux plus rien, il faut me libérer !


Le problème, c’est qu’après quelques jours peu agréables pour ma pomme, et sans réponse pour la rançon, la vérité commence à entrer peu à peu dans leur tête épaisse mais je sens que ce n’est pas bon pour moi.

Ils vont plutôt m’exécuter que me libérer.

Profitant de leur amateurisme, je risque le tout pour le tout et réussi à m’évader.


Je suis libre, et fauché comme les blés, et les émeutes ont un peu changé la face de Fharin.


Maintenant, il faut que je remette la main sur mes économies. Qui m’a volé ?
  • Le Général Améryly a disparu. Imprévisible, il a du depuis tomber suite aux émeutes.
  • Il m’aura beaucoup appris mais je ne crois pas qu’il avait intérêt à perdre mon soutien pour si peu avec la situation qu’il venait d’obtenir. 
  • Haley : on se connait peu, mais c’est ma fille et elle est toujours là et contente que je m’en soit sorti. Elle a cherché en vain le coupable pour pouvoir payer la rançon. 
  • Vinter : le conseiller du général. Il est craintif comme un lapin, il ne prendrait pas un tel risque. 
  • Cam : un agitateur né, pour moi le coupable le plus naturel. Mais il est toujours là, auprès de Haley autour de qui il tourne. 
  • les employés (Creel, Julian, Victor, Ennis, Gunner) : trois ont disparus de la circulation, mais ont-ils le courage de risquer leur vie pour la changer ? 


J’ai chargé Haley de surveiller Cam pendant que j’allais dans un premier temps remonter la trace de Victor. Il a été vu sur la route de Corvis. Il veut sans doute se fondre parmi les fantômes de la ville…

mardi 24 février 2015

lundi 26 janvier 2015

Alexia Ciannor

Nièce du père Dumas

Jeune et – très – jolie jeune fille brune d’environ 17 ans.

C’est la nièce du Père Dumas et la fille d’une sorcière décapitée il y a une dizaine d’année dans le plus grand secret.

Elle vit à l’Église de Morrow sous la tutelle de son oncle.

Elle a été tenue à l’écart de ces histoires, mais les a visiblement découvertes d’une manière ou d’une autre.
Elle a déterré les cadavres des jurés du procès pour en faire des zombies, elle a enlevé les corps des quatre autres sorcières.
Elle a ensuite récupéré le corps de sa mère ainsi que Witchfire, une puissante épée magique pouvant servir ses desseins, puis s'est enfuie vers un temple caché de la déesse mécanique, dans l'idée de ressusciter d'une manière ou d'une autre sa mère, sans doute dans un corps de machine.

Peut-on la sauver, même contre son gré ? Bien qu'elle ranime les morts, elle n'est à l'heure actuelle pas directement meurtrière.

Amelyass Amenythor

Sorcier Gnome

C’est très étrange : on dirait un très vieil homme contrefait, sans doute victime d’une maladie infantile qui aurait déformé ses membres et l’aurait privé de sa pleine croissance, à moins d’une malédiction…
Sans doute pour se rassurer et pour se protéger d’une vie qui n’a pas due être facile pour lui, il se dit être une créature magique, une sorte de gnome. Je pense qu’après toutes ces années, il a fini par y croire lui-même.
Fan de tatouages, il a une une barbe qui traîne jusqu’au sol.
Il monte un porc qui lui sert aussi de cobaye pour ses nouveaux tatouages et qu’il parvient à faire apparaître et disparaître d’un claquement de doigts.
Il s’est rapidement rendu compte qu’il faut éviter ce genre de petit tour en public pour éviter l’hostilité devant des manifestations de sorcellerie trop évidentes. Une sagesse dont je le pensais au premier abord dénué.

Général Améryly

Général véreux

Propriétaire, entre autres, des murs de la Fierté de Fharin, maintenant détruite.
Il était proche de Lon avant de disparaître de la circulation alors qu’il venait d’obtenir un poste important dans l’armée royale.
Trempe dans de nombreuses affaires louches de détournements de fonds.
Totalement imprévisible, fier et sans remords, mais non sans humour, il s’est attaché à Lon qui est un des rares à avoir osé lui parlé franchement.

Albérich Lutger

Nain au service de Morrow

Un prêtre itinérant de Morrow bien serviable.
Il semble avoir une certaine empathie pour toutes sortes de bestioles et prétend même pouvoir leur parler.
À l'air assez ouvert d'esprit, mais il ne faut tout de même pas trop titiller son côté religieux car il devient dans ce cas un peu trop soupe au lait. Il paraît que j'ai un avis sur tout, alors que je cherche seulement à comprendre le monde dans lequel je vis.
C'est tout de même le premier à Corvis avec lequel je me suis épanché sur mon passé.

dimanche 25 janvier 2015

Magistrat Borloch

Vacancier

C’est le magistrat qui a instruit le procès en sorcellerie d’il y a une dizaine d’années.
Il semblerait qu’il soit en vacances alors que sa vie est peut-être en danger, à la lumière des récentes disparitions. Il est probable qu’il soit déjà mort ou enlevé ?

Le Bigleux

Capitaine du Fortune

Boris

Guerrier Khador

Exilé de Khador car il préfère le bien personnel au bien commun. Cette maxime est assez vraie car il ne semble penser qu'au pognon, alors que c'est moi - qui veut juste récupérer le mien - qu'on traite de voleur.
Depuis qu'Amelyass lui a cédé des pouvoirs magiques, comme à moi, il s'est entiché d'une souris. Je me demande si ce ne peut pas simplement être la réincarnation du gnome.

vendredi 23 janvier 2015

Maître Dyonos

Maître de la Guilde des Ingénieurs

Père Dumas

Responsable de l'Église de Morrow à Corvis

Grand prêtre responsable de l’Église de Morrow à Corvis.
Nous fait enquêter sur des profanations de sépultures alors que l’on a vu des morts qui marchent à Corvis et que la fête de la Longue Nuit approche.
Sa belle-sœur par mariage est une Ciannor, sorcière à la tête d’une congrégation de 5 condamnée à mort il y a près de 10 ans dans le plus grand secret – ce qui a permis qu’aucun scandale n’éclate et n’entrave sa carrière.
S’occupe de sa nièce orpheline de sa mère, la sorcière. Une Alexia, que l’on soupçonne cependant de pratique la nécromancie et de remuer le douloureux passé.

jeudi 22 janvier 2015

Enoir

Marin sur le Fortune

mercredi 21 janvier 2015

Juge Folver

Juge responsable du procès en sorcellerie

Toujours en vie et informé des menaces qui pèsent sur lui, il était le juge qui a condamné cinq sorcières à la décapitation il y a une dizaine d’années.

mardi 20 janvier 2015

Gunnar

Convoyeur

Dirige une entreprise de convoyage qui opère entre Fharin et Corvis.
Paie honnêtement ses gardes.

lundi 19 janvier 2015

Haley Gant

Fille de Lon Gant

Abandonnée à la naissance par son père qui a fui ses responsabilités.
Elle le retrouve 20 ans plus tard car brouillée avec sa mère.
Elle ne lui demande rien, juste de l’héberger et d'accepter enfin son devoir de père.

Capitaine Helstrom

Capitaine du guet de Corvis

samedi 17 janvier 2015

Jordan Urgan

Novice du Creuset d'Or

Mon contact au Creuset d'Or, qui était sensé nous aider à nous protéger d'Alexia et à trouver un moyen de détruire Witchfire.
Doit m'en vouloir à mort depuis que je l'ai sorti manu militari de son lit le lendemain de La Nuit la plus longue pour lui casser la figure devant son peu de coopération, malgré l'urgence de notre départ pour les marais - à moins que, vu son état, il ne se souvienne de rien.

vendredi 16 janvier 2015

jeudi 15 janvier 2015

Père Lowrigh

Prédécesseur du Père Dumas

A été chargé de protéger magiquement le fort où ont été placée les sorcières décapitées il y a une dizaine d’années.
Est mort depuis.
son successeur est le Père Dumas.