samedi 7 mars 2015

En route pour Corvis

La Cité des Fantômes

604 A.R.

Ashtoven

Corvis, la Cité des Fantômes, voilà où s’est réfugié Victor.

Naturellement, je n’ai plus un sou pour me rendre sur place.
Heureusement, Ennis a un cousin spadassin très occupé qui a pu me recommander auprès d’un convoyeur de biens, un certain Gunnar, pour faire partie d’une escorte. J’ai apprécié.
Je ne sais pas comment il a vendu mes talents en tant que guide escorteur, mais il a réussi. À part une petite arbalète qui tient dans la main, je ne suis pas armé et je n’en impose pas vraiment !
Peu importe, je suis engagé.

Remarque, la clique des escorteurs est hétéroclite, le marchand a vraiment dû faire les fonds de tiroir.
Il y a bien un guerrier dans le lot qui doit pouvoir tenir correctement sa place, un Khador du nom de Boris – il s’appellerait Maurice qu’on reniflerait tout de même le Khador à une lieue !
À part cela, Albérich, un nain qui n’est en fait qu’un prêtre itinérant de Morrow et, par les dieux, un vieux gnome barbu et tatoué qui se promène sur un porc, lui aussi tatoué ! Lui aussi sans arme, le bougre semble faire de la sorcellerie. C’est peut-être ainsi qu’il s’est vendu. Il se fait appeler Amelyass Amenitor.

Heureusement, la voyage est calme, jusqu’à arriver en vue de Corvis.
Il faut disperser un groupe d’une douzaine de gobbers venus nous piller. Ils ont vite le dessous et impossible de les faire fuir, ni même de discuter avec le prisonnier que j’ai réussi à faire.
Je le renvoie chez les siens pour leur apprendre que l’embuscade était une mauvaise idée.

Par contre, je confirme qu’on n’était vraiment pas taillés pour servir d’escorte.
À moi tout seul j’ai réussi à mettre hors d’état de nuire le tiers de la troupe !
Bon, et bien vaut mieux maintenant qu’au départ, je n’aurais guère été rassuré.

Par contre, l’un des gobbers possédait une machine à faire du brouillard – d’où l’embuscade – que le gnome s’est précipité d’empocher. D’où diable sortent-ils ce truc ?

Une fois à Corvis, le marchand s’arrête à l’église de Morrow où l’on rencontre le Père Dumas. Il a l’air content de nous et est prêt à faire avec nous la route du retour la semaine prochaine. J’ai enfin un peu d’argent de côté grâce à une bonne paie – 25 pièces d’or.
On peut joindre si nécessaire Gunnar à l’Auberge du Cheval Cabré. Je lui indique que s’il a besoin, lui, de me joindre, il peut laisser un mot à l’Église, je vérifierai avant son départ si je ne loge plus sur place.

Devant les louanges, le Père Dumas semble penser qu’on puisse faire quelque chose pour son problème : des tombes ont été profanées ces derniers jours, et les corps volés. On aurait vu des morts qui marchent dans la Basse Ville et la semaine prochaine, c’est la fête de la Longue Nuit et le guet n’a pas le temps de s’occuper de ce problème.

Avoir le principal religieux de la ville dans la poche est un atout, je m’empresse d’accepter alors que les autres gardes négocient un salaire. Je me contente de négocier un accès au capitaine du guet pour un problème personnel : savoir si Victor est en ville, et où !

Ayant l’assurance d’obtenir l’aide du père Dumas après leur petite sauterie, j’écoute son problème.
La première disparition date d’il y a un mois, la dernière d’il y a trois jours. Aucun point commun.
Voici la liste des disparus :

  • Familles Silva et Monzonatta, dans le cimetière Nord
  • Famille Gaddock, une ferme isolée à 15 – 20 minutes à l’ouest de Corvis
  • Famille Sunbright, en leur domaine au sud de Corvis
  • Familles Hopeless et Buckett, dans le cimetière Est, hors de la ville
  • Famille Fulett, dans une ferme au nord.
  • Pendant l’exposé, une étrange visite : la nièce du père Dumas, Alexia, une ravissante jeune fille tout de blanc vêtu qui s’excuse de nous déranger et repart.

J’obtiens un papier certifié de l’Église me permettant de mener l’enquête (les 3 autres, volontaires aussi, ont le même).
J’ai même une clé pour une cellule au temple à partager avec Boris – bon, là, je vais essayer de trouver mieux ailleurs…

Au niveau des gobbers, on apprend que la rumeur indique qu’ils feraient des trafics d’on ne sait quoi avec des locaux. Ceci expliquerait peut-être qu’ils furent en possession d’un appareil à brume.

On part alors pour obtenir un rapide entretien avec le Capitaine Helström afin de l’informer de nos recherches, et éventuellement avoir des informations complémentaires. Trouver la capitainerie est une véritable expédition et ensuite, avoir une entrevue en fin d’après-midi une autre. Ça passe mieux en soudoyant un peu l’officier de garde. Il faut bien cela pour rattraper l’arrogance du Khador et le manque de savoir-vivre du gnome, qui entre avec son porc dans le guet. Je ne sais pas s’il vit simplement sur une autre planète ou si c’est de la pure provocation. Dans que but alors ?

Bref, on se retrouve dans une auberge à attendre notre entretien avec le capitaine.

vendredi 6 mars 2015

Chasse à l'homme

Comment j'en suis arrivé là ?


La vie était belle.

Caspien originaire de Mercir, j’ai refait ma vie à Fharin.

Mercir était devenue trop compliquée.

Mon établissement, la Fierté de Fharin, était prospère. Tout le gratin de la ville venait profiter de ma cuisine et de mes services exotiques.


Le propriétaire des murs, très proche de moi, était le Général Améryly, un Midlunder véreux détestant viscéralement les Khadorans. Il venait d’être nommé à un poste d’importance auprès du Roi. Je sais qu’il est violent et traîne dans de nombreux trafics. Je pense qu’il m’aime bien, ce que j’essaye de lui rendre, non par fidélité, mais, je dois l’avouer, par crainte.


Ma clientèle formait un mélange harmonieux entre les dignitaires de tout poil – notables, armée ou pègre locale. Tous savaient que l’endroit était idéal pour les rencontres en terrain neutre.

Certains produits de plaisir circulaient librement, à bon prix : c’est-à-dire chers, mais avec une discrétion assurée.


Puis il a fallu que Haley, ma fille, décide de quitter sa mère, une Sulese, à Mercir sur un coup de tête pour s’installer chez moi.

Je ne l’avais pas vu depuis sa naissance, il y a plus de 20 ans.

Les cohabitations des premières semaines ont été difficiles. Elle était plein d’idéaux et moi je n’avais pas l’habitude d’être encombré de la sorte.


Et puis, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, tout s’est emballé : une révolte de la populace a eu lieu dans le quartier.


Dans la panique, ma fille, considérée comme étrangère en tant que mi-sulese, a été enlevée par un groupe d’extrémistes n’ayant rien à voir avec les manifestants.


J’ai dû précipitamment faire évacuer la Fierté avec mes amis et employés à cause de l’émeute – les émeutiers avaient dérobé on ne sait comment des robots de destruction.

Seulement, il a bien fallu que j’évacue aussi, et surtout, mon magot : 8,000 pièces de bon or. C’est assez lourd et peu discret.


Retirés un peu plus loin du centre de l’émeute, je parviens avec l’aide du général, de deux de mes amis et de mes fidèles employés, à remettre la main sur ma fille en mettant en fuite les ravisseurs.

Mais, pendant l’opération, au comble de la confusion, la magot disparaît !


Fou de rage, persuadé qu’il a été dérobé pendant la libération par un groupe de manifestants présents, j’approche seul de leur chef.

Ce con, au lieu de me rendre mon fric, m’annonce qu’il ne l’a pas et me capture. J’ai trop parlé, il espère m’échanger contre le grisbi que je viens d’évoquer !

J’ai beau gueuler, ça ne rentre pas dans leurs caboches de crétins : si ce n’est pas eux qui l’ont pris, c’est un de mes proches qui me l’a volé. Il ne va sans doute pas payer de rançon pour moi !!!

Je ne vaux plus rien, il faut me libérer !


Le problème, c’est qu’après quelques jours peu agréables pour ma pomme, et sans réponse pour la rançon, la vérité commence à entrer peu à peu dans leur tête épaisse mais je sens que ce n’est pas bon pour moi.

Ils vont plutôt m’exécuter que me libérer.

Profitant de leur amateurisme, je risque le tout pour le tout et réussi à m’évader.


Je suis libre, et fauché comme les blés, et les émeutes ont un peu changé la face de Fharin.


Maintenant, il faut que je remette la main sur mes économies. Qui m’a volé ?
  • Le Général Améryly a disparu. Imprévisible, il a du depuis tomber suite aux émeutes.
  • Il m’aura beaucoup appris mais je ne crois pas qu’il avait intérêt à perdre mon soutien pour si peu avec la situation qu’il venait d’obtenir. 
  • Haley : on se connait peu, mais c’est ma fille et elle est toujours là et contente que je m’en soit sorti. Elle a cherché en vain le coupable pour pouvoir payer la rançon. 
  • Vinter : le conseiller du général. Il est craintif comme un lapin, il ne prendrait pas un tel risque. 
  • Cam : un agitateur né, pour moi le coupable le plus naturel. Mais il est toujours là, auprès de Haley autour de qui il tourne. 
  • les employés (Creel, Julian, Victor, Ennis, Gunner) : trois ont disparus de la circulation, mais ont-ils le courage de risquer leur vie pour la changer ? 


J’ai chargé Haley de surveiller Cam pendant que j’allais dans un premier temps remonter la trace de Victor. Il a été vu sur la route de Corvis. Il veut sans doute se fondre parmi les fantômes de la ville…