dimanche 6 mars 2016

Rituel


L'embêtant avec la résurrection, c'est qu'il faut mourir avant

Dédales

On ne sait plus très bien où on en est, quand sera le temps de sortir pour ne pas être pris au piège pendant les 13 prochaines années, ni où en est Alexia de sa quête pour ressusciter sa mère.
Nous sommes au milieu d'une sorte de mécanisme d'horlogerie géant, fait de nombreuses salles de machines, d'entrepôts et de treuils automatiques nous permettant de passer d'un niveau à l'autre.

Nous comprenons vraiment que le temps semble nous jouer des tours lorsque, sans doute au sommet de la pyramide, nous apercevons par-delà un toit de verre, le ciel nocturne alors que nous pensions être juste en début d'après-midi.

Nous traversons des salles vides d'occupants, de plus en plus rapidement.
D'autres salles étranges nous attendent. Dans l'une d'elle de bizarres lunettes astronomiques permettent de nous voir tels que nous étions, entrant dans la pyramide. La petite scénette tourne en boucle, impossible de savoir de quoi Alexia ou l'équipe d'Oberron était composée lorsqu'elle est entrée.
Une autre contient un robot mi-homme, mi arachnéen, presque achevé.

Nous finissons par atteindre la partie haute, sans doute celle sanctifiée. Ici, point de vulgaire machinerie, mais des éléments plus complexes, pleins de symbolismes, avec des représentations stupéfiantes de ce qui pourrait être notre système stellaire.
Nous voyons enfin quelqu'un : deux prêtres en méditation. Mais ils sont morts, ils portent le symbole qu'Alexia a gravé sur le front de ses zombies. Elle est passée par là. Venaka et Boris se chargent de libérer leurs âmes.

Toute notion du temps est perdue, nous doutons même de l'endroit où nous sommes. Cette machine pourrait-elle nous transporter ailleurs ? Quels sont les étranges visions que nous voyons par le prisme des autres lunettes ? Pourquoi le ciel étoilé que nous avions aperçu ne serait pas le nôtre ? Je pensais à une élucubration de Boris, mais j'en suis moins persuadé...

De la vie

Nous poursuivons notre chemin et dans une autre salle présentant aussi des étoiles en mouvement, nous voyons à nouveau deux prêtres. Ceux-la semblent bien vivants. Ou Alexia a rebroussé chemin, ou ils n'étaient pas là lorsqu'elle est passée. Après une seconde d'ahurissement, ils prennent leurs jambes à leur cou. Mes compagnons semblent se satisfaire de leur fuite, mais moi, j'ai foutrement besoin de voir, de rencontrer des êtres humains. Je leur courre après, leur criant qu'on souhaite juste discuter et, après avoir traversé salles et couloirs, je me faufile entre eux et bloque le premier lorsqu'il arrive dans un treuil automatique. Les deux prêtres sont séparés. Je maîtrise celui qui est avec moi et on ramène le treuil d'où il vient. L'homme ne parle, comme ses collègues, pas un traître mot de notre langue et baragouine un charabia incompréhensible. Je pense toutefois arriver à lui faire comprendre que je ne lui veut pas de mal.

Revenant vers mes amars, qui ont fini par me suivre, je vois qu'ils sont aussi en train d'essayer un truc de dingues : la communication. Bon, nous ne sommes très probants ni les uns, ni les autres. En passant par le dessin, je m'aperçois que là n'est pas mon meilleur talent.

L'une des salles que l'on a passée en trombe contient une sorte de sarcophage de verre avec un bâton à l'intérieur, couvert de symboles dont le seul compréhensible est 603 - notre année.

Nous ne sommes pas trop sûrs mais la conclusion de nos discussions tend vers l'hypothèse suivante : leur grand prêtre doit doit se réincarner, ou ressusciter, dans la machine arachnéenne qu'on a aperçu plus tôt. Impossible de savoir si c'est la conjonction des dates qui permettrait le rituel ou l'achèvement de la machine, mais ça semble proche et ils ont l'air de travailler dans ce but. Le bâton semble sacré à leurs yeux : contient-il l'essence du Grand Prêtre, comme Witchfire contiendrait peut-être l'essence de la mère d'Alexia ?

En tout état de cause, Alexia veut sans doute leur voler la politesse. On essaie de leur expliquer que nous la recherchons pour qu'elle arrête son hérésie. On est obligés aussi de leur montrer ce qu'elle a fait des prêtres en méditation. La mort de leurs semblables ne semble pas plus les choquer que cela, mais étrangement j'en viens à regretter d'avoir eu recours à la violence pour tuer aussi moi-même plusieurs des leurs. Je me dis que je n'avais pas le choix, mais on a toujours le choix. Cependant, là où il y a le choix entre lâcheté et violence, j'ai opté pour la violence.

On leur explique qu'on va poursuivre notre recherche d'Alexia. On laisse Ryss avec eux pour les protéger et éventuellement nous prévenir s'il se passait des événements d'importance. On garde Lieb avec nous et on repart vers une interminable exploration du dédale. Est-on déjà passés par ici ? Je ne le pense pas, mais pour ma part j'ai fini par abandonner l'idée de cartographier l'endroit. Boris commence à perdre patience et passe les salles les unes après les autres, sans autre but. Il est comme un chien enragé qui court après une balle mais qui, s'il l'attrape, ne saura plus à quoi elle lui serait utile.

De la mort

Nous finissons, fatigués, par toucher au but. Alexia. Elle est là.
Au sommet de la partie centrale de la pyramide se déroule un rituel mené par Alexia. Un prêtre de Cyriss semble tenter de le stopper avant de voir sa tête explosée par le pistolet de cette dernière. Je suis horrifié et atterré, je suis pour la première fois directement témoin de ses agissements.
Elle est là, protégée par les quatre sorcières beaucoup plus mortes que vives. Sa mère repose sur un autel sur une plateforme au milieu du vide, Witchfire posée sur son corps.
Où en est le rituel ? Que va-t-il se passer ? Je commence à crier à Alexia d'arrêter sa folie. Je veux lui expliquer que l'âme de sa mère a été souillée et que ce qu'elle risque de ramener ne sera sans doute pas ce dont elle rêvait.

Mais ces paroles n'ont pas fini de franchir ma bouche qu'une des sorcières tend un bras vers moi.
Je suis tout d'un coup asphyxié, immobilisé. Je comprends qu'un éclair a jailli de ses doigts et m'a traversé. Impossible de faire quoi que ce soit. Le temps se ralentit.
Je n'aurai pas réussi à sauver la jeune fille de ses démons, même malgré elle. Ses âmes damnées se sont chargées de ne pas lui laisser entrevoir la lumière.

Un voile noir descend sur mes yeux. C'est la fin...

dimanche 14 février 2016

Convergences vers le Temple

Inside the machine

Un petit tour autour de la pyramide des fois qu'il n'y aurait pas une entrée secondaire ou des traces de ceux que nous poursuivons : rien à signaler.
Boris pousse courageusement la porte d'entrée : nous pénétrons à l'intérieur de la machine.
Car qu'est-ce d'autre ? Les premières salles sont parsemées de tubes, de gaines techniques, de fils, de voyants et de toutes sortes de choses étranges et déroutantes. Le tout dans un bruit incessant.
Le pompon, c'est un large puits central auquel on accède via une plateforme. Il est rond, s'étend au-dessous et au-dessus de nous sans que l'on n'en perçoive l'extrémité. Le bruit est soutenu avec un fort vent chaud, de la fumée, une odeur huileuse et des machines rondes munies d'un bras articulé qui lévitent et semblent régler et réparer les parois formant le cœur de la machine.

Durant toute notre exploration, Boris prend la tête de l'exploration mais l'endroit est presque désert. En tout cas, c'est un labyrinthe qui tourne régulièrement autour du puits central. Des treuils automatiques et clos nous permettent de passer d'un niveau à l'autre.

J'essaie d'en faire un plan mais j'abandonne rapidement l'idée, balançant rageusement mon parchemin dans le puits fumant.

Les premiers êtres animés, oserais-je dire vivants, semblent être des prêtres de la déesse mécanique. Certains portent une sorte de casque intégral, riveté à leurs omoplates. Ces prêtres veulent devenir des machines. En tout cas, ils ne parlent pas notre langue : impossible de se faire comprendre lorsqu'ils nous agressent. Moi qui croyait que c'était une journée portes ouvertes, une fois tous les treize ans, je me suis fourvoyé. Impossible de leur faire entendre raison, il faut bien se défendre et nous sommes obligés de les escoffier.

Nous trouvons également quelques cellules. Deux prisonniers sont là : ce sont des hommes du groupe de l'Inquisition, Wolf et Gruber. On leur parle, leur promet s'ils collaborent de les sortir de là, mais rien à faire, ils sont cons comme des manches et tournent autour du pot au lieu de se mettre à table. On voit bien que leurs promesses sont faites en l'air. Même lorsque je reste seul avec eux pour leur laisser une dernière chance de parler, ils essaient de me faire la peau pour s'enfuir. un coup de pied pour les repousser et je ferme la porte. On essaiera tout de même de penser à eux avant de sortir !

Notre troisième rencontre se passe avec des ouvriers travaillant sur des passerelles au-dessus de cuves de métal en fusion. Nous nous déguisons en enfilant les vêtements et casques de protection contre la chaleur pour passer, si possible sans dégâts, mais ils nous adressent la parole. Perdant patience et sentant qu'on n'arrivera sans doute pas à s'en sortir proprement, et surtout sentant l'odeur du sang, Boris dégaine. Plus le choix, faut en finir avec eux, Cyriss va nous bénir. Je plonge au-dessus d'une cuve en espérant jeter l'un d'eux pour qu'il rejoigne sa déesse métallique, mais il résiste. Nous luttons pied à pied l'un contre l'autre, tout comme Boris avec le sien. Je finis par lui faire lâcher prise et par le projeter dans la cuve. Les hurlements sont insupportables et il met un temps interminable à succomber. Boris finit par occire le sien d'une manière plus classique, tout comme Venaka avec le troisième ouvrier. J'imagine que la vision va me hanter un moment.
À nouveau près du cœur, deux hommes de l'Inquisition regardent le cadavre d'un troisième homme. La rencontre est tendue, mais contrairement à leurs camarades, on parvient à leur faire entendre raison pour collaborer. On essaie de s'accorder sur le fait que ce qui nous intéresse avant tout, c'est Alexia alors que pour eux, c'est l'épée.
Ils se nomment Lieb et Ryss, le premier semblant plus gradé que l'autre. Ils étaient 7 en entrant. Deux sont morts (dont le cadavre présent, portant la marque d'Alexia sur le front) et ils se sont séparés des autres (que nous savons en prison). Leur chef d'expédition est Gunther, le seul donc qui manque. Oberron n'en fait pas partie.
Nos échangent nous permettent de déduire qu'ils espèrent que leur Inquisition sera à nouveau légalisée et qu'il faudrait qu'on soit du bon côté. Comment ? J'imagine qu'ils vont tenter un coup d'état car le roi ne l'entend surement pas de cette oreille. Ils ne démentent pas. Ce que je garde pour moi, du coup, c'est que je pense que Witchfire risque bien d'être l'instrument de leur coup d'état. Il faudrait donc éviter qu'ils s'en emparent. Quoi que... Vivre dans une dictature permet pas mal d'opportunités commerciales.
J'espère que de leur côté ils pensent bien qu'on s'intéresse avant tout à Alexia...

dimanche 24 janvier 2016

Pélerinage


On est repartis, j'ai mon arbalète et ma grenouillère est inondée et les gobbers sont renvoyés dans leurs pénates. Pas de dégât à déplorer.

6 Vendarl

On avance, la rivière se rétrécit, le bateau ne pourra plus continuer ainsi bien longtemps.

7 Vendarl

Une lourde grille, flanquée de deux tours, bloque le passage. Elle est fermée par une lourde chaîne. Venaka plonge dans l'eau glacée pour voir ce qu'il est possible de faire : un gros cadenas est posé. Ne souhaitant pas laisser le seule frêle demoiselle s'enrhumer seule, mon orgueil m'ordonne aussi de plonger à mon tour, équipé des quelques équipements qu'à laissés Amelyass. Ils me permettent de débloquer aisément le cadenas. Il est neuf, sans doute laissé par le dernier passé, Oberron et sa troupe. Boris tient à explorer les deux tours. On n'y récolte que d'un côté l'attaque de chauves-souris rasoirs défendant leur nid et de l'autre le zombie d'un marin, sans doute laissé là par Alexia plus tôt. J'espère que ça lui a permis de se défouler...
Moteur arrière toutes. On tire sur la chaîne ouverte pour ouvrir les portes. On les referme derrière nous et je prends même la précaution de remettre le cadenas en place tout en enrayant le mécanisme pour qu'il ne puisse plus être ouvert avec une clef.
Cette porte est la frontière de Caspia, nous pénétrons dans les Marches d'Héliotrope.

1 Malleus

Sur le bateau, j'ai de longue heures pour rédiger ces mémoires mais du coup ça signifie aussi... qu'il ne se passe pas grand chose.

2 Malleus

Un lac en vue, avec un bateau échoué près du bord.
Histoire de ne pas servir de point de cristallisation à un cimetière pour bateaux, on laisse le notre hors de vue du lac et on laisse l'équipage pour aller voir à pieds ce qu'il se passe.
Pendant que l'on reste sur la rive, Boris va explorer le bateau, fouille de trois trucs, en empoche sans doute quatre ou cinq. Il fout un truc à l'eau, un coffre de poudre d'après lui. C'est intelligent... Ça aurait pu servir.
Il y aurait des reliefs de combats, parmi lesquels une main tranchée mais pas du type humain, plutôt... gatorien, d'après les connaisseurs : Boris, qui nous explique que ce serait un truc à mi-chemin entre un homme et un crocodile. J'avoue avoir du mal à me faire une image mentale du montage !
Bref, le bateau a été attaquée et coulé par les gatoriens, mais on ne sait pas trop s'il s'agit de celui d'Oberron ou de celui d'Alexia.
En tout cas, on sait à quoi s'attendre.

On rebrousse chemin et on traverse la lac par le milieu, sans s'approcher des rives afin de pouvoir rejoindre la rivière qui se poursuit en aval. Mais, il fallait s'y attendre, la rivière est trop étroite pour éviter les embuscades et un tronc percute notre embarcation, provoquant un choc sourd. Même en étant préparés, l'attaque de gatoriens n'est pas une partie de plaisir. On ne s'en sort pas trop mal, mais c'est plus compliqué pour le bateau : le trou dans la coque peut être colmaté avec du goudron, mais une des roues à aubes est hors service et la machinerie gravement endommagée.

On continue de descendre la rivière le long de la journée pour s'éloigner de l'embuscade, mais on n'avance plus assez vite. On passera encore la nuit sur place et on laissera l'équipage essayer de remettre le navire à peu près en état.

3 Malleus

On convient avec l'équipage qu'ils réparent de leur côté les avaries tout en se laissant porter par le faible courant et qu'ils pourront rebrousser chemin si on n'est pas de retour le 4 Donard au matin.

On arrive en vue d'un second lac en fin d'après-midi. Le bon ?
Au loin, sur la rive gauche, quelques feux marquent un village, sans doute celui des gatoriens.
On laisse, grâce à l'empathie que Albérich peut avoir avec les oiseaux, un message accroché à la patte d'un volatil à destination de notre équipage pour ne pas passer ce point, qui peut être dangereux.
Un énorme monticule de métal semble être enterré au pied du monticule que surplombe le village. Va falloir voir ça de plus près demain.

4 Malleus

Avec Boris, on part en toute discrétion vers le village pour essayer de voir de plus près sans se faire voir. Comment dire simplement ? C'est raté.
Deux sentinelles gatoriens tombent sur nous alors que nous étions planqués. Heureusement, ils sont trop fiers pour appeler à l'aide et on parvient à disposer d'eux. Une fois leurs corps planqués sous un tas de feuilles, on s'approche du village.
Avec la longue-vue, il semblerait que le morceau de métal, selon les dires de notre déroutant érudit, Boris, soit un Warjack enterré, sans doute une épaulière. On peut imaginer la taille titanesque de la machine si le reste est enseveli.
Serait-ce le temple que l'on cherche ? Non, car le temple de Cyriss, on le voit au loin, plus haut vers la montagne. On devrait y être en une journée.
On peut retourner camper.

5 Malleus

C'était moins fatiguant par bateau, surtout dans la forêt et quand ça grimpe. En plus, on y passe la journée, et même un peu de la nuit, sans arriver à la pyramide, car c'en est une. On n'est plus très loin et le campement se fait sous tension.

6 Malleus

Milieu de matinée. Le temple, on y est !
Pas de trace de campement d'un groupe rival quelconque...

jeudi 7 janvier 2016

Voyage dans le Bayou

Tarun, le chef de ce petit village de Krijn, est quelqu’un de simple et aimable. Nous sommes d’ailleurs très bien reçus.
On profite de l’après-midi et de la soirée, offerte par Tarun, pour discuter avec lui et avec quelques autochtones.
Sans avoir trop besoin de leur tirer les vers du nez, j’apprends que deux bateaux sont passés avant nous, sans s’arrêter. Le premier étant sans doute celui d’Alexia, qui a salué les villageois de loin. Le second, nous l’imaginons, celui d’Oberron. En tout cas, si c’est lui, il n’a même pas pris la peine de les saluer.
Après leur avoir promis de leur laisser du matériel – surtout du fer – au retour de notre expédition, nous recueillons quelques confessions de la part de Tarun : la moitié des tombes du cimetière – une demi-douzaine – a été pillée et vidée de ses corps très récemment. On va voir ça discrètement pour ne pas effrayer les villageois. On doit lui confirmer ce qu’il s’est passé à Corvis, sachant que la fautive est celle qui barrait le premier bateau.
Je lui demande, si jamais il voit les bateaux revenir sans nous, de faire son possible pour les retenir par des moyens pacifiques, sans prendre de risques.
On rentre ensuite dîner des spécialités locales disons… intéressantes. L’alcool fort aide à les faire passer.
Je reste seul avec Albérich à dormir dans la salle commune, les autres dorment dans le bateau.

3 Vendarl

Journée de voyage tranquille. Je continue d’aider à la manœuvre, un peu avec Boris, tout en surveillant en amont à la longue-vue les passages potentiellement dangereux.

4 Vendarl

Jusqu’au soir, il faut bien dire qu’on s’fait tout de même un peu chier…

5 Vendarl

La journée d’hier était pénible, mais bon, c’était préférable à ce qui nous attend en fin de nuit, pendant le dernier quart de Venaka Ainsworth. Elle prévient qu’on a de la visite. Je me réveille et suis aussitôt Boris qui rejoint Venaka sur le pont. Pour ma part, je grimpe sur le toit des cabines. On est attaqués par huit créatures des marais ressemblant à des zombies ayant croupi sous l’eau pendant plusieurs semaines. Venaka et Boris s’occupent de retenir la horde et j’en descends pour ma part trois des huit, dont un sur lequel je dois sauter pour aider le capitaine du navire. Beurk !
Quant à Albérich, il ne devait pas être bien réveillé car ses coups ont bien raté les créatures du marais, mais n’ont pas manqué la tête du capitaine. Heureusement, on ne déplore aucun blessé grave. La fin de la nuit reste toutefois tendue. Au matin, je vérifie au loin pour voir s’il peut y avoir des traces de la provenance de ces êtres, mais rien…

Cette journée est décidément merdique. Le cours d’eau se rétrécit beaucoup et on finit par être bloqués par un tronc tombé en travers de l’eau.
Albérich et Boris prennent une scie pour s’occuper du côté des racines en tombent lamentablement dans l’eau en y allant : ça glisse !
De mon côté, j’emprunte une hache pour avancer le travail côté cime. Je suis rejoint un peu plus tard par Killian.
On n’a pas le temps d’avancer trop qu’une troupe de gobbers surgit à deux pas de moi.
Ils me tiennent en joue et veulent notre bateau. Je parviens à gagner un peu de temps en négociant pour qu’on leur donne la cargaison, mais ils sont très nerveux et ne parlent pas très bien, difficile de communiquer. Devant l’impasse, Boris finit par tirer un coup de feu. Je plonge dans l’eau en enjoignant Killian de faire de même. Lorsque je ressors un peu plus loin, les gobbers ne bougent plus, sauf un qui me saute dessus et me blesse avant que je ne puisse l’occire pour me défendre. Albérich a fait pousser les ronces à leurs pieds et ceux qui bougent en meurent. Il leur demande de jeter leurs armes et de repartir d’où ils viennent pour lever son sort, ce qu’ils promettent.
Cette tribu n’a aucune parole et ils repartent aussitôt à l’assaut avec leurs dagues. Je fais surgir un puissant canon qui monte d’une tourelle de la cabine. Cette vision ne les impressionne pas : sont-ils sans peur ou trop bêtes pour comprendre ce qu’ils voient ? Cependant, ils sont à nouveau rapidement emprisonnés par les branches levées par Albérich et j’en profite pour rentrer la tourelle dans la cabine.
On commence à prendre du retard…

samedi 7 novembre 2015

Les machines ont-elles une âme ?

Rage against the machine

Avant que la ville puisse se remettre de l’événement terrible qui l’a secouée, je compte bien profiter du chaos.
Je me rends donc prestement au tribunal, force habilement une porte de service ainsi que la porte du bureau du magistrat Borloch. Je passe le reste de la nuit à fouiner dans ses archives en sirotant son whisky, mais pas une seule trace ou mention du procès. Je rentre donc très déçu au temple pour enfin me reposer.
En fin d’après-midi, je vais faire un point, en compagnie d’Albérich, chez le Père Dumas. Il nous présente une certaine Venaka Ainsworth, une belle plante qui s’est battue la nuit à ses côtés. Elle ferait partie d’une obscure secte de Morrow et serait combattante. Espérons qu’elle ne cède pas au fanatisme… surtout que le Père Dumas semble dire qu’il aurait une piste pour retrouver sa nièce, et donc que, si on l’aide pour suivre sa piste, elle nous accompagnera. Il n’y avait pas assez qu’Albérich…
Bref, le Père Dumas pense que sa nièce devrait se rendre à l’ouverture d’un temple de Cyriss, le Dieu Mécanique, dans la région. Ses temples sont secrets mais il en existerait un non loin et il devrait s’ouvrir à tous prochainement suite à un alignement précis d’étoiles. Un événement assez rare car sinon seuls les prêtres peuvent y entrer.
Pourquoi Alexia s’y rendrait : une rumeur insinue que Cyriss détiendrait le secret pour transférer l’âme d’un défunt dans une machine. Il pense qu’Alexia espère ainsi pouvoir faire revivre sa mère.
Le problème, c’est que l’on n’a aucune idée de la localisation possible du temple. En tout cas le Père Dumas est sur ses calculs astronomiques pour déterminer la date de l’alignement des étoiles qui permettra l’ouverture du temple.

Je passe ensuite avec Albérich voir le capitaine Helstrom qui remet une récompense pour notre action. Celle d’Albérich ira aux pauvre et pour ma part, à la recherche de Victor, mais j’avoue ne pas trop savoir pourquoi il nous paie sur ce coup…

Puis on se rend au Creuset d’Or où je parviens à parler à un certain Jordan Urgan pour rappeler à l’aimable confrérie que je n’étais pas venu pour rien la veille, et que ma requête de travailler pour une méthode permettant de détruire rapidement un objet enchanté, Witchfire, est toujours pressante. Je demande aussi si, au nom de la ville, ils pouvaient me fournir une sorte d’antidote à la paralysie qu’Alexia nous fait régulièrement subir. Toute leur aide permettant le succès de notre mission leur permettra de passer pour des héros. Enfin, je leur demande s’ils n’avaient pas une piste pour découvrir le temple caché de Cyriss dans la région. M’ayant semble-t-il pris au sérieux cette fois, il me demande quelques jours avant de nous fournir, peut-être, quelques solutions.

On passe ensuite à la guilde des ingénieurs pour leur parler aussi de Cyriss. On rencontre le maître Dyonos qui peut nous révéler qu’il sait que l’Église de Cyriss est en pourparlers pour ouvrir un temple officiel à Caspia. Devrait-on s’y rendre pour obtenir plus d’information sur le mystérieux Cyriss. On n’aura peut-être pas le temps de faire un aller-retour à temps.

7 Gorim

Le Père Dumas a passé la nuit sur ses calculs : la conjonction est prévue pour le 6 ou 7 Malleus de Glaceus, voire même le 5. Elle devrait s’étaler sur environ 2 jours.
On a donc moins de deux semaines. On peut oublier Caspia du coup.

De mon côté, je me rends à nouveau au tribunal pour parler au juge Belker. Je parviens à le convaincre de me laisser accéder aux archives du magistrat Borloch, sous la surveillance de la greffière du magistrat.
Les archives ne contiennent absolument rien sur ce procès. La greffière n’a aucun souvenir. Avec son accord, je lui explique que je vais l’hypnotiser pour lui permettre de se rappeler d’anciens détails. En fait, grâce aux pouvoirs d’Amelyass, je la charme. J’avais l’impression qu’elle me cachait quelque chose mais je devais me tromper car, même charmée, elle ne se souvient de rien de plus.
Le procès était effectivement secret et le magistrat n’a rien gardé d’accessible. De là à penser que le procès n’était pas forcément tout à fait légal, il n’y a qu’un petit pas…

Un petit tour chez les Sunbright pour tenter d’expliquer au chef de famille ce qu’il est advenu de son père. Je suis encore plus mal reçu que la dernière fois. C’est un échec total. Je pars donc en laissant planer sur leur famille une menace sourde… que je ne tiendrais pas. Je ne suis pas rancunier. Il faudra passer à autre chose. Je mise beaucoup sur Jordan Urgan et sur le Capitaine Helstrom.

En rentrant au temple, il semble que mes compagnons – Boris a réapparu – ont trouvé la localisation probable du temple en interrogeant un rescapé d’une ancienne expédition. Ce serait en plein dans les marais. En plus, ils ont trouvé un guide et on part demain. Chouette !
Après leur rencontre, Boris s’est fait remettre un mot qui semble provenir de l’Inquisiteur, signé O. Il nous demande de lui remettre l’épée dès qu’on l’aura trouvée, qu’il est de notre côté. Bref, il nous surveille.

Sentant que le voyage ne sera pas des plus agréables, je pars m’équiper avec des grenouillères et un poncho imperméables de première qualité.

Puis avec Albérich et Renaka, on se rend au bouge de Boris pour fêter un minimum la mort de l’année et la naissance de la nouvelle. Comme Boris semble rouler sur l’or, il paie les pots et même les danseuses court vêtues. Bon, la qualité fait un peu peine à voir, mais le cœur y est.

Glaceus 603

1 Vendarl

Réveil.
Je pars avec Albérich pour le Creuset d’Or des fois qu’ils aient déjà du neuf puisque l’on part dans la journée. Peut-être au moins un filtre contre la paralysie ? Jodrun n’est semble-t-il pas visible. Je fais preuve d’autorité pour forcer à le voir et je me rends dans sa chambre. Il a trop fêté la veille et est complètement hors service. J’ai beau forcer son réveil, je ne récolte que sa très mauvaise humeur. La mienne n’étant guère meilleure, je l’arrête au nom du capitaine Helstrom en le menaçant de l’amener au poste à cause de son obstruction. Une fois dehors, j’essaie d’obtenir des information sur l’affaire qui me concerne, mais il refuse quoi que ce soit et n’est qu’une boule de colère. Histoire de lui montrer que je ne suis pas content, content, je le laisse au sol après quelques coups bien sentis et repart vers le bateau qui doit appareiller.
Après les Sunbright, c’est le Creuset d’Or qui me file entre les doigts. Mais c’est vrai, je suis peut-être impatient. On ne reconstruit pas 25 ans de réseautage en deux semaines…

On part donc sur un bateau à roues à aube commandé par le Bigleux et son équipage Killian, Enoir et Leto.
Les manœuvres ont l’air complexes. Si on est perdu au milieu des marais et que l’équipage n’est plus des nôtres, ce qui est possible avec les dangers qui nous menaceront, on sera faits comme des rats. Aussi, j’essaie de me rendre le plus utile possible en vue d’apprendre les rudiments du fonctionnement de cette machine à vapeur.

2 Vendarl

Au milieu de l’après-midi, on apponte au dernier village vaguement civilisé. Le reste de l’après-midi consistera en une escale technique pour l’équipage avec lequel j’ai pu me lier durant ces dernières 36 heures…

dimanche 4 octobre 2015

Witchfire

S'envolent nos espoirs

Le retour vers Corvis est morne et silencieux. On doit camper autour d’un maigre feu en bordure de la forêt que l’on finit de traverser.

5 Gorim

La nuit a été courte, heureusement, car ponctuée de cauchemars dont je n’arrive plus à me souvenir le matin venu. J’ai comme l’impression d’être possédé.
Étant le dernier à monter la garde, les préparatifs du déjeuner ne nécessitent pas l’allumage d’un feu. Ma colère est mon carburant : le seul contact des écuelles suffit à réchauffer le bouillon matinal. Il me parait maintenant clair qu’en mourant, Amelyass a laissé de sa magie infuser en moi. L’impression de possession ne me quitte pas !

Une fois à Corvis, on se rend directement chez le capitaine Helstrom, avec la dépouille d’Amélyass dans la carriole d’Albérich
Bien sur, il est en tournée. Je laisse Boris sur place au cas où il reviendrait et, avec Albérich, on passe au Creuset d’Or, l’Ordre auquel appartenait Amelyass. La bureaucratie ambiante fait que l’on n’a aucune réponse sur quoi faire de lui pour le moment. Je devrais pouvoir parler à quelqu’un en charge en début d’après-midi.

On ramène alors le corps à l’Église. Albérich s’arrange pour que ses frères en prennent soin en attendant des funérailles. Pendant ce temps, c’est moi qui prend soin de moi et je peux enfin faire un brin de toilette et me changer.
On peut ensuite faire notre rapport au Père Dumas qui est au trente-sixième dessous devant ce qu’a fait sa nièce. Je lui fais tout de même remarquer qu’elle n’a toujours tué personne. Bon, il semblerait que jouer avec des morts serait plus grave que d’en fabriquer. Drôle d’époque.
L’espace de quelques minutes, il nous vient l’idée saugrenue de nous prendre pour des stratèges militaires. Le Père Dumas sort une carte. On l’étudie pour voir ce qu’il serait le plus efficace pour défendre la ville de l’invasion que l’on redoute. J’y vais même de mes petites idées ridicules de général en herbe.

Voyant que tout cela ne mène à rien, je repars avec Albérich au guet. Boris y aurait vu le capitaine qui n’est plus là.
On revient à l’Église : il dort dans une cellule ! Semble-t-il que la nuit sera longue. Je t’en foutrais des longues nuits : c’est même La Longue Nuit !
Bref, on a une nouvelle discussion avec le Père Dumas. Je dois négocier comme aux plus beaux jours pour conserver une partie des rituels nécromantiques écrits de la main d’Alexia, afin de pouvoir servir de preuve devant la justice si nécessaire.
Le papier en poche, je repars, toujours avec Albérich, au Creuset d’Or. Non sans réveiller auparavant Boris qui s’était emparé du livre de magie d’Amelyass. Ce con nous dit qu’il dort alors qu’en fait il lit le truc ! C’est le monde à l’envers. Je lui laisse son joujou, lui rappelant au passage qu’il faudra penser à vérifier la valeur des pierres précieuses dégotées dans l’antre du gorax. On prendra le livre si nécessaire après avoir vu ce qu’il convient d’en faire avec les sorciers.

Cette fois, au Creuset d’Or, je parviens à obtenir un peu plus d’informations, ça ne nous avance pas : le petit homme venait d’arriver – on le savait – mais surtout n’avait laissé aucune indication sur sa famille, sa religion, ses dernières volontés et tout le tralala.
Bref, faute de mieux, on va faire ça traditionnellement puisque, en plus, on a de la main d’œuvre religieuse sous la main. J’espère qu’ils nous feront un truc digne.
Quant au livre, ils s’en carrent. Boris va pouvoir continuer à le lire. J’espère qu’il ne va pas le gribouiller, j’ai cru comprendre que ça valait tout de même son poids d'or, ce genre d’article.
Je demande au sorcier si c’est normal que de produire des manifestations magiques depuis la mort d’Amelyass. Sa mort aurait-elle pu infuser mon esprit de sa magie ? L’idée lui parait étrange.
Mon idée suivante lui paraît tout aussi bizarre. Moi qui croyait que les sorciers étaient des excentriques. Ils sont encore plus conservateurs que les prêtres. Je lui demande comment détruire un objet magique.
« Hou la la, mon bon monsieur, vous comprenez, ce n’est pas si simple. Il faut étudier longuement le cas avant de pouvoir conclure sur la méthode pour y parvenir »
Bref, ça ne l’intéresse pas de sauver la ville en détruisant Witchfire. Amelyass n’était pas du genre à étudier longuement avant de balancer ses boules de feu, et il n’était qu’un apprenti. Le chef du Creuset d’Or doit être autre chose qu’un apprenti et doit sans doute connaître un tour pour faire fondre l’épée dans son putain de creuset !
Je leur dit tout de même que si je mets la main sur l’épée, je la leur rapporterai fissa pour qu’ils me montrent de quoi ils sont capables pour éviter la mise à sac de la ville.

On repart pour la capitainerie où on peut voir le capitaine Helstrom. Il ne peut pas faire sortir de force armée pour contrer l’arrivée de non-morts et il nous fera prévenir lorsque la ville aura besoin de forces vives. Albérich insiste pour que la milice soit équipée au maximum de gourdins ou de bons marteaux pour mieux briser les os qui bougent.
À priori, on en a fini avec son travail, je dois réclamer pour qu’il nous paie. Il donne 40 Couronnes à Albérich, je lui rappelle qu’il ne me doit rien alors qu’il allait faire de même pour moi. Je compte sur lui pour toute information sur Victor. Je réclame tout de même la part d’Amelyass. Albérich indique qu’elle servira pour l’Église et ses funérailles, et il prend aussi la bourse.

Je continue avec Albérich ma tournée des popotes. On passe au tribunal où l’agitation semble régner. Avec les festivités, les affaires à régler sont légions.
Je parviens à rencontrer la greffière du magistrat Borloch qui me confirme qu’il est à la capitale, au tribunal de Caspia, pour affaires, et qu’il rentrera après les fêtes. Elle ignore s’il est ou non déjà en route pour rentrer. Du coup, comme il n’est pas là, je lui demande qui est le magistrat le plus haut placé actuellement présent qui pourrait, sur requête judiciaire, nous permettre d’accéder à ses dossiers – le Père Dumas m’a en effet confirmé que le seul qui connaisse l’identité du bourreau est le magistrat ayant instruit l’affaire : Borloch.
Il est en pleine audience, j’arrive à mettre un visage sur le nom que sa greffière me donne : Kreel Belker.
Retour à l’Église et dodo bien mérité, en espérant ne pas être réveillé en pleine nuit !

6 Gorim

Raté !
L’alerte est donnée en plein milieu de la nuit.
L’attaque se fait par le fleuve. Je prends la longue-vue qu’Amelyass avait trouvé pour voir ce qu’il se passe.
Un navire de guerre de Corvis fait feu sur des squelettes entrelacés qui sortent de l’eau, format des sortes de radeaux improvisés portés par le courant au centre de la ville. Le canon ne peut pas grand chose face à la quantité de squelettes qui viennent des eaux. Il ne tarde pas à être pris d’assaut et à partir en flammes. La ville est attaquée, et pas à moitié.

Fuir !
Je me précipite aux écuries de l’Église pour retrouver la monture qui m’a servi à faire le voyage vers Fort Rhyker et je quitte l’Église. Direction les portes Est.
Mais c’est déjà trop tard. Un carrosse fou, conduit par des squelettes, déboule au milieu de la rue, écrasant des gens qui commencent à paniquer. Mon cheval se cabre et me laisse le cul par terre, alors qu’il s’enfuit, les yeux exorbités par la panique.
Je tente de gagner le Sud par un des ponts, mais les squelettes venus du fleuve le prennent d’assaut.
Blessés et morts jonchent déjà les rues et je dois me replier vers le Temple.
Je suis maudit. Après la guerre civile à Fharin, c’est encore pire à Corvis. Déjà que je m’en suis sorti par je ne sais quel miracle auparavant, je crois que là, tout est perdu, surtout si je vais à l’Église où toutes les forces vont se concentrer.
Mais quitte à mourir, j’ai l’impression qu’il ne faut pas que ce soit dans l’anonymat le plus complet. Voyons voir ce que l’on peut faire là-bas.

Je peux entrer par l’entrée Sud. Elle n’est gardée que par quelques prêtres. Elle n’est même pas barricadée. Il faut que je leur susurre l’idée.
Mais l’essentiel de l’action à l’air de provenir de l’entrée Ouest.
Boris et Albérich tiennent, avec un petit groupe de prêtres et le Père Dumas à leur tête, un pont constituant l’une des trois entrées vers l’Église. Avant de leur prêter main forte, je couvre d’une illusion la porte d’entrée du mausolée de la mère d’Alexia. Je ne sais pas si ça fonctionne comme dans l’un des rêves qui m’a hanté cette nuit, mais en tout cas, je vois la porte disparaître au profit d’un mur. L’un des novices qui gardait le lieu, bouche bée, semble confirmer l’existence de l’illusion. Dans la mesure où l’on peut évoquer une existence pour une illusion !

Puis je me rends au pont où j’aide à décrocher les grappins des squelettes qui tentent l’escalade.
La petite troupe semble bien tenir le choc face à l’armée des morts mais, tout à coup, je ne sais pas trop pourquoi, le Père Dumas sonne la retraite et l’on se retrouve, complètement à découvert, devant le mausolée.

J’ai confirmation que mon illusion fonctionne, mais pas parfaitement. Le pot-au-rose est découvert par une grande nana issue de je ne sais où, qui combattait auprès du Père Dumas lorsque je suis arrivé. Tout le monde voit maintenant les petites imperfections de l’image que j’avais élaborée, en pleine nuit en plus.
Albérich fait pousser des sortes de ronces qui ralentissent la progression des squelettes pendant que Boris lance… des boules de feu !
Je crois bien qu’il a réussi à décrypter le bouquin d’Amélyass.
Ma théorie ne paraît plus si farfelue. La magie d’Amélyass a infusé en nous. Albérich en convient aussi.
Au final, nous sommes rapidement encerclés par des centaines, voire des milliers de squelettes. Mais ceux-ci n’attaquent plus. Ils se contentent d’encercler le mausolée, et nous avec. Je me suis réfugié sur le toit du mausolée, ombre parmi les ombres, en attendant l’arrivée d’Alexia, ce qui ne saurait tarder.

Elle ne se refuse pas les effets spéciaux et arrive en volant, accompagnée des 4 sorcières qu’elle a relevées. Il leur manque toutefois leur balai.
Alexia nous demande de nous écarter et de la laisser passer, insistant sur le fait que cela mettra un terme à toute cette folie.
Elle ouvre comme si de rien n’était la porte du mausolée.
Je ne demande qu’à la croire sur ses intentions, mais… en fait, non. Nous n’en sortirons de toutes façons pas vivants. Albérich et ses semblables ne la laisseront pas faire. Son oncle la supplie à genoux, vainement. Puis Albérich semble faire une rapide prière à son dieu. L’irréparable va se produire, je le sens. J’en profite au même moment, encore grâce à l’esprit d’Amelyass, à voir mes fantasmes se réaliser : à l’aide de ma main, je défais d’un mouvement expert la grosse ceinture qui tenait les braies d’Alexia. Elles tombent à ses pieds et moi, je n’ai pas bougé ! Ma main semble s’être projetée comme par enchantement et il s’en suit un moment de confusion qui ne semble pas faire vaciller sa détermination. La honte qu’a provoqué mon geste n’a pas vraiment été utilisée comme je l’espérais par mes compagnons pour essayer de la stopper. Résigné, une larme au coin de l’œil, je vise sa gorge d’un de mes carreaux. Il ne touche que l’épaule.
Albérich court dans le mausolée ouvert suivi d’Alexia et attrape l’épée de sa mère : Witchfire. Elle luit d’un feu noir et est parcourue d’éclairs bleu acier peu engageants. J’entre dans le mausolée à mon tour. Alexia, bien sur, demande l’épée et, devant le refus d’Albérich, le paralyse encore une fois. Je suis à nouveau pris moi-même par cette désagréable sensation dans laquelle tout mon corps semble aussi rouillé qu’une vieille machine. Alexia s’empare de l’épée et ressort du mausolée. Les 4 sorcières, dont la tête a été recousue, se chargent du corps de sa mère pour le prendre avec elles.

Là, l’invraisemblable se produit.
Une créature, dont la lourde cape est ornée de crânes et qui porte un bâton fumant, d’aspect maléfique, se matérialise dans l’air, dans le dos d’Alexia. Elle lui plante une dague entre les côtes. Alexia et l’épée tombent, mais il n’a pas le temps de s’en saisir qu’une masse de squelettes le plaque au sol.
Il nous hurle de prendre l’épée, de lui la donner.
La fille qui avait mis à nu mon illusion semble connaître le gueux – est-elle de mèche ? Elle semble s’étonner de sa présence ici, croyait que son ordre, des inquisiteurs dit-elle, avait disparu.

C’est la confusion la plus totale.
Alexia n’en a cure, elle n’est pas morte, que blessée. Elle se relève, prend l’épée et quitte les lieux par la voie des airs, avec les sorcières, le corps de sa mère et Witchfire.
Les squelettes tombent au sol et redeviennent les tas d’os qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être.
La discussion avec, l’homme – un sorcier, un inquisiteur, un démon ? – ne s’éternise pas. Il ne veut pas dévoiler ses intentions mais jure ses grands dieux – lesquels ? – qu’il est de notre côté. Puis, en colère à cause de la disparition de l’épée, il disparaît, comme il est venu, nous laissant chacun là comme deux ronds de flan, au milieu de ce spectacle de désolation…

dimanche 13 septembre 2015

Fort Rhyker

Quand il faut y aller...

On n’a aucun indice sur où pourrait être le magistrat Borloch, ni sur l’identité du bourreau, et le début de la Nuit la Plus Longue est… pour demain soir ! Je dois avoir perdu la notion du temps, moi qui pensait qu’on avait encore quelques jours.
Du coup, aller sur Fort Rhyker, le lieu de l’ancien champ de bataille, semble être la seule option « viable », bien que je ne sois pas encore convaincu.
D’ailleurs, c’est moi qui doit convaincre le Père Dumas de se remuer un peu. C’est demain la Nuit la Plus Longue, merde, quoi. Et lui, il pense à aller se pieuter et ne prévenir que demain le capitaine de la garde de l’invasion qu’on pressent. Allez, on se bouge, on range ses mules et on part vers la capitainerie…
Ce n’est pas que je manque de confiance envers le Père Dumas, mais je veux être certain que la garde est bien prévenue par un dignitaire, et qu’on évite de se servir de nous. Du coup, je le file discrètement dans les rues sombres de Corvis.

Et là, voilà qu’on me siffle comme une donzelle. Ça a beau être le capitaine de la garde, ça donne un coup au moral. Un capitaine de la garde, seul, qui planque comme un vulgaire chouf, ils sont vraiment en sous-effectif.
Que me veut-il ? Il m’annonce qu’il nous fait suivre ces derniers temps et qu’il veut nous parler.
Avec son accord, pendant que le Père Dumas poursuit sa route, je le ramène à l’église pour une réunion avec Amelyass, Albérich et Boris.
Il nous explique qu’il soupçonne depuis quelques temps Alexia Ciannor – sans vouloir nous dire pourquoi – et qu’il suit de loin notre admirable travail.
Il souhaiterait que l’on enquête sur la disparition de deux de ses hommes qui étaient partis sur les traces Alexia à Fort Rhyker.
Comme on est bavard, on lui explique ce que l’on sait, en concluant que ses deux hommes sont sans doutes morts à l’heure actuelle.
Il faut absolument surveiller les entrées de la ville. Il nous répète à nouveau qu’il est en sous-effectif mais j’insiste : comme les contrôles sont lâches, le minimum à faire est de prêter un œil attentif pour contrer une tactique que je n’exclut pas : l’entrée éventuelle de zombies camouflés en provenance de Fort Rhyker. Sans vraiment répondre à notre avertissement, il nous supplie presque d’aller voir là-bas pour le compte de la ville.
Pendant que mes nouveaux compagnons négocient leur salaire, je négocie le “pouvoir d’enquête” de la ville pour retrouver Victor. Il me promet de vérifier si un nouveau riche s’est installé en ville, ou quelqu’un de la description de Victor. Mais ses paroles me donnent peu d’espoir. Je commence à douter que ce salopard se cache à Corvis, il faut que je pense à retourner à Fharin. Je me suis peut-être fait assez oublier pour pouvoir voir si Haley aurait par hasard du neuf…
Mais ça, ce sera si je ressors vivant des plages de sable fin de Rhyker !
On relâche le capitaine Helstrom pour qu’il rejoigne le Père Dumas, en espérant que ce dernier ne lui cache rien. D’ailleurs, n’ayant pas apprécié être filé, je me charge de filer le capitaine pour être sûr qu’il se rende chez lui. Il retourne à la capitainerie, pas de trace du Père Dumas sur le chemin.

4 Gorim

C’est l’aube, j’ai assez de valises sous les yeux pour partir sans équipement, mais le bon capitaine a prévu des petits cadeaux : un gros flingue, en prêt, pour le gros Boris, quelques potions de soins, une épée courte dépourvue de rouille pour remplacer la mienne, et surtout deux tonneaux de poudre de sa réserve personnelle. Par contre, pas de trace d’outillage de précision dans cette réserve. On a même deux chevaux en plus du cochon d’Amelyass et de la mule d’Albérich.

Je laisse les autres partir afin de faire un petit détour par le manoir des Sunbright. Impossible de passer le cap du majordome. La maison semble vraiment fâchée à mon encontre. Fais du bien à Bertrand, il te le rend en caguant !
Je rédige rapidement une missive obséquieuse faisant miroiter à Ragnon Sunbright des informations de première mains qu’il n’aurait pas déjà à propos de l’enlèvement de la dépouille de son père, précisant que je repasserai dans quelques jours.

Au galop, je récupère la trace des trois autres. Nous semblons maintenant former une vrai équipe.
Avant le soir, et la traversée d’un marais, nous voilà à Fort Rhyker : deux donjons de part et d’autre d’une profonde faille, reliés par un double pont : un pont en pierre, branlant, en partie supérieure et un pont-levis en bois en partie inférieure. Ce sont plus que des ruines, le fort tient encore bien, avec très peu d’ouvertures. Il doit y faire fort froid et sombre à l’intérieur.
À l’extérieur, on sait qu’on est tout de suite au bon endroit : des squelettes se tuent l’échine à ramasser des ossements qu’ils apportent au fort. On imagine aisément ce qu’il s’y passe.
Je passe en éclaireur espionner l’entrée du fort. Seuls deux gardes – squelettiques – à l’entrée. Ils se chargent de recueillir les ossements et passent par une porte, en délaissant une seconde. On se faufile sans se faire voir et on explore le premier donjon : pas grand chose à part le stockage des matières premières pour la manufacture de squelettes.
Le pont de pierre étant instable, on finit par emprunter le pont de bois. Je bloque toutefois le mécanisme du pont-levis avant de le laisser derrière nous. Un peu d’exercice me ferait du bien, car l’escalade vers le mécanisme d’entrée des chaines n’est pas des plus aisée. Pourtant, en vivant monacalement à l’église, je ne pensais pas pouvoir faire du gras…
Puis, je reste en retrait pendant que les autres passent. J’avais du flair, ils se font arroser de flèches. Cette fois, ce ne sont pas des squelettes, mais bien quatre hommes de chair et d’os – comme un zombie en fait – mais avec un supplément d’âme. Quoique : ils n’hésitent pas à nous arroser sans avertissement, mais leur angle est mauvais. Je peux pour ma part passer sans encombre pendant que mes trois autres compères entrent. J’essaie en vain de faire parler les hommes en haut – pas de réponse. Je finis par rejoindre les autres.
Il n’y a qu’un seul chemin jusqu’au toit, qui passe par quelques cellules ne contenant pas grand’chose à part quelques squelettes. On trouve aussi des rituels écrits pour pratiquer la réanimation des morts. Au stade où elle doit en être, Alexia n’en a sans doute plus besoin. Un peu plus loin, dans les sous-sols, une créature sauvage, mi-homme, mi-bête, ressemblant de loin à ce que mes lectures d’enfance voulaient faire passer pour un ogre, semble avoir pris le fort pour tanière.
On voit un long tunnel creusé qui pourrait être une sortie. Une fois que Boris s’est débarrassé de la chose – elle ne semblait pas vouloir, ou pouvoir, discuter, on retrouve hélas les corps des deux guetteurs envoyés par la capitaine Helstrom, à moitié dévorés. Albérich reprend leurs insignes, pour les rapporter à leur veuve, tandis que Boris trouve 4 ou 5 pierres qui pourraient intéresser un bijoutier. On décide de ne pas explorer le tunnel de la bête. J’aurais bien aimé pour voir si on arrive à une sortie, mais vu que notre arrivée est maintenant connue, ce serait en effet ballot de se faire prendre comme des bleus au fond d’un cul-de-sac.

On suit donc l’unique chemin qui mène en haut, sur un chemin de ronde. Afin de ne pas se faire surprendre, Amelyass et Boris prennent d’un côté, Albérich et moi de l’autre. Mais après quelques secondes, une explosion se fait entendre. Je demande à Albérich d’aller voir pendant que je garde mon côté mais il n’a pas le temps de revenir que deux des hommes sont en embuscade. Je n’ai pas d’autre choix que de défendre ma vie et, avec un brin de chance, je ne m’en sort qu’avec quelques éraflures, parvenant à mettre à terre mes deux agresseurs. Avec Albérich, on retourne rapidement vers Amelyass et Boris.
Ils sont assis en haut d’un escalier qui descend au fond d’une cour. Dans cette cour, des centaines de squelettes en formation militaire ! L’attitude des deux hommes face à cette situation me laisse perplexe. Souhaitent-ils mourir à rester ainsi à découvert ? Ils ont certes tiré un coup de feu (l’explosion d’il y a quelques minutes) et les squelettes ne semblent pas bouger, mais tout de même.
Je réfléchi rapidement à la possibilité de placer nos bombes au milieu de la cours, à l’aide d’une perche, mais on n’a pas le temps de mettre en place un plan. Les squelettes se mettent en marche vers nous. Des centaines…
Dans la panique, Amelyass jette un tonneau de poudre et le fait exploser un milieu des escaliers. Des esquilles d’os volent de partout mais… les escaliers sont quasiment intacts, rien ne pourra empêcher l’armée de non-morts de sortir de là.
Amelyass et Boris ont eu l’un des hommes, il nous en manque donc un. Peut-être est-il descendu dans le baraquement dans un coin de la cour ?
Nous n’avons pas le temps de tergiverser, on décide fort logiquement de battre en retraite mais Amelyass part de son côté sur le pont de pierre en très mauvais état mais qui laisse éventuellement une voie de sortie à l’armée. Il craint qu’elle ne la choisisse – le donjon n’a aucune sortie, juste ses connections avec l’autre donjon via les deux ponts et, peut-être, l’antre de l’homme-bête qui a tué les soldat du guet. On n’y croit pas, le pont est trop fragile, mais Amelyass part de son côté pour le faire sauter pendant que nous autres redescendons par là où nous somme venus, le pont-levis inférieur. Nous devrions pouvoir passer et vite le relever, sachant qu’il faut d’abord débloquer ce que j’avais bloqué plus tôt.
En descendant, je ressens, tel un éclair dans ma poitrine, un mauvais pressentiment, sans m’expliquer pourquoi. Des lumières fantômes semblent éclairer ma descente dans l’escalier sombre en colimaçon.
Arrivé au pont-levis, le pont supérieur n’a pas sauté et Amelyass gît au sol avec des débris de pierre tout autour. La tâche de sang qui s’étend lentement autour de son crâne ne laisse guère de doute, le petit homme est mort !
Nous n’avons pas le temps de nous apitoyer. Alberich prend le corps pendant que je débloque le mécanisme du pont-levis. Puis on le remonte avec difficulté et nous rentrons au plus vite à Corvis, laissant dernière nous une horde de squelettes que nous espérons coincés.

C’est seulement sur la route que l’on parvient à reprendre peu à peu nos esprits. Ma colère monte lors d’une pause lorsque je me retourne et voit au loin la forteresse. Les petits cailloux que je jette dans le vide pour calmer ma colère se transforment en autant de petites billes de lumière…