dimanche 14 juin 2015

La Forteresse Orgoth

Je savais qu'il ne fallait pas...

Concernant ma question précédente sur la nature des liens entre le Père Dumas et Alexia Ciannor, mon petit doigt me dit qu’il n’y a pas de lien de sang.
Il est fort probable que le Père Dumas fût marié à une fille Ciannor et que le père d’Alexia ne serait donc que le beau-frère du prêtre. Cela expliquerait le patronyme d’Alexia.
Bon, dans l’absolu, ça ne nous avance pas des masses non plus, il faut bien se l’avouer…

J’apprends aussi que le capitaine Helstrom a accepté d’essayer de retrouver de son côté le magistrat Borloch.

Ma longue nuit

On laisse Boris dans son trou à rats pour retrouver nos cellules monacales propices à la méditation. Non, j’déconne. Nous ne sommes heureusement pas chez les sœurs du silence et on peut refaire un point avec Amelyass et Albérich. Je susurre au nain l’idée d’utiliser sa position pour discuter avec ses frères et apprendre où est la sépulture de Père Lowrigh, afin qu’il puisse y aller vérifier qu’elle n’a pas été profanée.

Une fois débarrassé du nain, je peux m’épancher sur mon plan, seul à seul avec Amelyass. En effet, qui nous garantie que ce n’est pas un espion du temple qui est parmi nous pour nous aider à faire éclater une vérité qui arrangerait l’Église ? En plus, je suis sûr qu’il ne serait pas partant pour mon plan.
On dit que les gnomes n’existent pas et que ce sont des légendes. Il joue parfaitement son rôle et semble aussi curieux que les légendes le racontent. L’idée est d’essayer de repérer les appartements d’Alexia et, si elle les quitte, la suivre pour voir si elle osera aller voir le juge Folver, sauver la situation le cas échéant et sinon la suivre et rentrer avant elle pour fouiller sa chambre à la recherche de la robe avec l’accroc. Je conviens avec Amelyass de le prévenir discrètement lorsque l’action s’y prêtera. En attendant, il consent à me prêter sa petite trousse d’outillage que j’avais repérée. C’est ce que je voulais. Je lui donne pour ma part le morceau de tissu trouvé chez les Sunbright. Ce serait ballot de se faire piquer avec.

Je reste donc de faction dehors jusqu’à tard, attendant qu’il n’y ait plus de lumière dans les parties habitées de l’Église. Impossible de repérer les appartements de la donzelle, et personne ne quitte l’Église.
Je décide de passer à l’action. L’auberge de Boris est fermée. Si j’avais dû fermer à la première heure de la nuit, ma Fierté de Fharin n’aurait jamais été rentable comme elle le fût. Pas de vin non plus dans les réserves de l’Église – en tout cas celles accessibles. Bref, je ne passerai pas pour un poivrot, on va se le faire sans couverture.

Je rejoins la partie générale où j’estime qu’il est possible qu’Alexia loge. Des deux premières portes sont issus des ronflements qui n’ont rien de féminin. À la troisième porte, une respiration régulière. Alexia qui dort ? La porte est close, mais la clé est dans la serrure. C’est un jeu d’enfant de glisser sous la porte un morceau de couverture au dessous duquel j’ai laissé une feuille de parchemin. La clé tombe sans bruit sous la couverture, que je retire, laissant la clé sur la parchemin. Le tout est assez fin pour passer sous la porte. Je peux ouvrir sans trop de bruit. Mais un grognement se fait toutefois entendre. Ce que je dérange n’est clairement pas du beau sexe. Je remets la clé du bon côté et ferme discrètement la porte.
À la quatrième porte, aucun bruit. J’utilise la même technique. Mais, sans faire entrer de lumière, impossible de voir ce qu’il y a à l’intérieur.
Amelyass m’avait dit qu’il voyait la nuit. À lui de me prouver qu’il n’est pas seulement un humain contrefait, mais aussi un magicien doté d’un certain talent. Je gratte à la porte, mais le gnome, au lieu de sortir discrètement commence à brailler un Ouais ? endormi. Du coup le nain se réveille aussi. C’est raté pour la sortie discrète. Je me planque dans l’escalier non loin et le laisse se dépêtrer avec son colocataire. Visiblement, le nain n’aime pas être réveillé et ils commencent à se chamailler. Ils se rendent tous deux dans les lieux d’aisance. Je ne sais pas jusque où va la surveillance du nain suspicieux envers le gnome, mais Amlyass finit par lui dire qu’il va étudier tranquillement et me rejoint.
Il regarde à la porte et me dit que c’est un homme qui est à l’intérieur. Déception ! Toujours pas la bonne porte. La suite du couloir mène à un étage inférieur. Je ne crois pas que ce soit là.

Avec Amelyass, on est déçus. Mais, motivé par l’excitation, il me sort un plan B pas bête. Faire parvenir une lettre à Alexia afin de voir où elle sera déposée.
Je lui prépare une lettre où je déclare ma flamme à Alexia et lui conte combien elle m’a ébloui lors de notre brève rencontre et que j’espère pouvoir m’entretenir avec elle une fois la Longue Nuit passée, tout en me contentant de signer avec mes initiales. Je ne donne pas mon identité, mais si elle le souhaite, elle a les éléments pour me retrouver facilement.
Amelyass doit profiter des mâtines pour faire remettre la lettre et me réveiller avant pour que je suive, depuis l’intérieur, son trajet.

2 Gorim

Deux heures de sommeil à peine et c’est le branle-bas de combat : les mâtines. Les prêtres n’ont aucun respect pour le sommeil des autres, contrairement à Amelyass qui me laisse dormir ! Heureusement que j’ai assez d’esprit pour quitter ma cellule et me poster dans le hall d’entrée. Il a remis la lettre à un clochard – ça fait sérieux !

Une fois réceptionnée, personne pour l’apporter à domicile, elle est simplement déposée à l’intendance. Ô rage !

Comme ça ne bouge plus et que je suis réveillé, autant me taper le service religieux où Albérich, en bon nain suspicieux, me raconte le manège d’Amelyass, qu’il soupçonne d’agir dans son dos au détriment de l’Église. Je le rassure en lui promettant de surveiller le gnome.

Je surveille à nouveau ma lettre à la sortie de l’office et pendant que nous nous sustentons. Elle reste désespérément à sa place.
Pendant le déjeuner, Albérich nous convainc, à regrets pour moi, de parler au Père Dumas de l’avancée de notre enquête, et de la raison pour laquelle nous allons quitter la ville dans la matinée.

Pendant qu’Alébérich est en entretien et que je surveille la lettre, voilà que, je ne sais comment, Amelyass me rapporte une clé. Il aurait trouvé l’entrée d’un couloir menant à deux appartements de plus haut rang, sans doute ceux du Père Dumas et de sa nièce. Il n’a pas de cire. Je sors réveiller mon marchand de matériel calligraphique préféré pour lui acheter de la cire à cacheter, prétextant avoir un besoin urgent d’envoyer des missives ce matin car je quitte ensuite la ville.
Nous faisons un moulage de la clé que le gnome garde sur lui. Il pourra bricoler pendant le voyage une clé utilisable. La clé est remise en place.

Voyages, voyages

Le jour finit par poindre, j’ai des valises jusqu’au milieu du visage et Albérich a achevé son entretien avec pas mal d’informations qu’il nous révélera sur le chemin.
Nous quittons Corvis. Ma fatigue me fait oublier d’aller vérifier si le juge Folver est toujours vivant avant que de ne quitter la ville, sous la neige en plus !

Selon Albérich, le Père Dumas a une réputation excellente, sa foi et sa piété sont un phare pour les fidèles. Il a avoué être perturbé par la tournure que prenait l’enquête. La petite construction près de l’entrée de l’Église, énigmatique, sans inscription, et taboue pour le clergé, est en fait la sépulture de la mère d’Alexia, la sorcière sous la bannière de laquelle l’assemblée s’était réunie. Devant les soupçons qui pèsent sur sa nièce, le Père Dumas accepte d’une part de doubler la garde devant la sépulture, et aussi de mettre sous surveillance Alexia.
M’étonnerait pas qu’elle se soit envolée lorsque l’on reviendra !

Boris prenant toute la place dans la charrette d’Albérich, impossible de se reposer correctement, mais je suis au moins à l’abri de la neige.

La Forteresse

En début d’après-midi, on finit par tomber droit devant la forteresse.
Ce sont les ruines d’un fort à moitié enterré.
La porte d’entrée a été défoncée, un peu comme la sépulture chez les Sunbright. Alexia et son déluge de magie semblent déjà être passés par là.
L’intérieur est à l’abandon depuis des années, seulement visité, semble-t-il occasionnellement, par des gobbers. L’un d’eux n’a d’ailleurs pas pu s’enfuir à notre approche. Il est terrorisé, mais pas par nous, par ce qu’il a vu. On arrive à en tirer, interprétation faite, qu’Alexia – ou au moins une personne collant globalement à sa description – est passée par là comme on le pensait, avec son cortège de zombies et force magie en plus.

On le laisse derrière nous et on avance dans la forteresse vide pour arriver devant quatre sarcophages devant lesquels cinq squelettes animés montent la garde. Galère !
Je n’ai pas trop le temps de faire marche arrière que déjà Albérich et Boris se sont engagés au combat devant ces engeances, alors qu’Amelyass bloque la sortie.
Devant ce spectacle, je dois bien me résoudre à croire aux non-morts. Il va falloir que je sauve ma peau. Je ne vais tout de même pas me laisser transpercer par des sacs d’os !
Je me résous donc à empoigner le gourdin que m’a fabriqué Albérich, mais ces horreurs devaient être soldats de leur vivant, et ils n’ont pas tout perdu.
Mes coups ne leur font pas grand mal et l’un d’eux s’acharne sur moi, me portant une estafilade de son épée rouillée. Je n’ai pas le temps de reculer que le monde devient rouge… Je savais qu’il ne fallait pas que je vienne !

Albérich est penché sur moi lorsque j’ouvre à nouveau les yeux. Les os sont redevenus des os, éparpillés. Morrow semble penser que ma carcasse a encore droit à un sursis. La vilaine blessure qui suinte sur mon flanc semble être en bonne voie de guérison. Ou cela fait plusieurs jours que je suis là, ou Morrow m’a réellement béni – à moins qu’Albérich soit un sorcier ?
Bon, si je continue à suivre les traces de la donzelle en blanc, va falloir se défendre. Je prends donc une des petites épées des squelettes pour avoir une arme autre qu’un bout de bois.

Naturellement, les sarcophages ont été ouverts et sont vides. Il manque les corps des quatre sorcières, en attendant qu’il en soit fait de même avec Ciannor mère. Les vieilles traces de sang à hauteur du cou semblent indiquer qu’elles avaient été décapitées. En tout cas, plus trace d’elles et la journée est trop avancée pour rentrer. Va falloir camper ici.

Comme on a un peu de temps, Amelyass essaie de pêcher dans un lac souterrain au fond duquel j’avais vu, je le lui indique, briller un peu d’or. Pour ma part, je ratisse rapidement le sol où il avait trouvé quelques pièces d’argent, quelque fois qu’il y ait un gisement inexploité ! Mais rien.

Amelyass, lui, excite un gros calamar qui niche là. Albérich, grâce à son don des “langues” fait ami-ami avec la bestiole, lui donne de ses ration et va lui faire un gros câlin dans l’eau. Beurk !
L’essentiel, c’est qu’il nous rapporte ce qu’il y a au fond. Un peu d’or d’origine Orgoth – je récupère 2 pièces, mais surtout une dague qui semble être une véritable oeuvre d’art, malgré les années passées sous l’eau.
Les autres préférant leurs armes, je la récupère avant qu’on puisse la faire expertiser par un collectionneur.

3 Gorim

La nuit est calme et le lendemain, je ne ressens presque plus de douleur. En plus, la neige s’est arrêtée de tomber.

On ne choisit pas sa famille

On retrouve Corvis vers midi.
Et là, que nous apprend le Père Dumas lorsque nous lui faisons notre rapport ? Bingo ! Sa nièce a disparu…

Je n’ai pas besoin de trop insister pour que l’on ouvre la sépulture de sa mère. Elle est fermée et protégée magiquement et seul lui peut l’ouvrir – il faut une clé qu’il a dans un coffre dans sa chambre et une formule magique. Le coffre est également verrouillé par magie. L’essentiel, c’est que la sépulture, de l’intérieur, ne semble pas profanée – pour l’instant.

De même, le Père Dumas consent à ce qu’on jette un coup d’œil dans la chambre d’Alexia. Il blêmit lorsque je lui montre que le morceau d’étoffe que j’ai trouvé chez les Sunbright est bien celui qui manque sur une des robes déchirée de la demoiselle.

Amelyass et Albérich déchiffrent un livre trouvé dans la chambre, sur l’architecture et l’histoire récente de Corvis. Une page cornée indique une entrée par les égouts dans la ville souterraine. Veut-elle passer par là pour rejoindre sa mère ?

Le Père Dumas se sent obligé d’aller prévenir le capitaine Helstrom. Pour le rassurer, je lui confie que tant qu’on n’en sait pas plus, inutile de mouiller sa nièce dans l’histoire. On va essayer de la trouver. En attendant, il devra sécuriser l’accès au tombeau encore plus, si c’est possible.

Au passage, il peut déchiffrer les runes Orgoth sur la dague :
Pour mon fils Ryark. Puissent tes coups toujours toucher au but. Général Orios III

On se prépare rapidement pour une sortie des plus réjouissante dans les égouts de Corvis. L’entrée secrète est vite localisée et on descend un escalier s’enfonçant dans les entrailles de la ville…

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