dimanche 5 juillet 2015

La Planque d'Alexia

Une cure dans les égoûts

Bon, il faut bien dire qu’une virée dans les égouts, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’y participer.
Je sens qu’Amelyass, qui se promène pourtant parfois avec un porc, n’a pas des masses envie d’y participer ! Qu’à cela ne tienne, je lui confie la mission de surveiller le Père Dumas, ainsi que de suivre, si elle se présente, Alexia.
De notre côté, avec Albérich et Boris, on se prépare à nager dans la pisse. J’ai d’abord la présence d’esprit de vérifier comment ressortir de là. Pendant que je reste à l’extérieur et leur laisse quelques minutes, Albérich finit par trouver un mécanisme de l’autre côté qui permet d’ouvrir le passage vers l’extérieur. Rassurés, on peut s’engouffrer dans les égouts. J’ai l’impression d’être psychiquement prêt : l’odeur n’est pas aussi atroce que je le craignais. Il faut dire que le flot est important et on arrive à une sorte de déversoir où confluent deux ou trois conduites principales. Le seul passage évident mène rapidement à une pièce confortablement meublée : coussins à profusion, table de travail, coffre avec pas mal d’écritures. L’endroit est clairement habité.
On n’a pas trop le temps de visiter que l’occupant des lieux se présente. Ou, plutôt, l’occupante. Car c’est bien d’Alexia dont il s’agit. Et pas de doute, c’est bien une sorcière : en un claquement de doigts nos muscles ne répondent plus, impossible de faire le moindre mouvement et c’est là qu’elle apparaît, dans toute sa splendeur.
C’est la panique. Avec sa magie, elle permet à Albérich et Boris de parler, mais pas à moi. A-t-elle peur de moi, croit-elle que je puisse la détourner de ses desseins ?
En tout cas, elle ne résiste pas à jouer cartes sur tables et à exposer ses plans. On avait tout juste, elle est dans un état de colère froide et cherche la vengeance pour ce qu’a subit sa mère. Selon elle, les accusations étaient complètement fausses. Sa mère et les autres accusées étaient effectivement sorcières, mais ne faisaient rien de punissable, bien qu’elle ne puisse avancer aucune once d’argument sur leur absence de culpabilité. Le juge, les jurés, la ville même est coupable à ses yeux de cette tragédie.
Et c’est bien de cela dont il s’agit, elle ne veut pas faire payer que les participants du procès, mais la ville même !
Albérich réprouve la nécromancie dont elle use et Boris commence à l’insulter alors qu’ils – que dis-je, que nous – sommes à sa merci… Elle me rend heureusement la parole et je peux détourner la colère qui montait en elle. Je lui propose mon aide, mais elle n’en veut pas. Elle ne me croit sans doute pas alors que je suis on ne peut plus sincère, j’aimerais la sortir de l’ornière dans laquelle elle s’est fourrée.
Elle dit nous laisser en vie car elle n’a rien contre nous, nous sommes des étrangers à la ville. Ainsi, nous pourrons expliquer à son oncle ce qu’il en est, exprimer ses regrets de devoir le mettre dans une telle situation. On sent qu’elle l’aime, ou tout du moins le respecte et elle semble, dans son délire, trouver ses propres actes justes. Si ça se trouve, elle est une fervente morrowite.
Elle met rapidement fin à cette conversation à sens unique en nous quittant par là où nous sommes arrivés, laissant derrière elle un mur magique. Notre paralysie s’estompe peu à peu et nous retrouvons la liberté de nos mouvements. Impossible de la suivre et de rebrousser chemin. Nous sommes enfermés, mais on espère qu’il existe une autre sortie, Alexia ne semblait pas souhaiter nous abandonner dans une prison.
Boris fouille la pièce qui constituait son repère. On y trouve notamment des mentions manuscrites éclairant notre lanterne :
Witchfire : forgée il y a de cela 300 ans ? Draine et emmagasine l’essence de la vie. Indispensable pour la résurrection. et, plus loin, Qui était le bourreau ?
Bref, Alexia cherche un objet – une épée, une enclume ? – qui pourrait lui permettre de ressusciter sa mère perdue, et elle n’a toujours pas trouvé le bourreau. Sa seule piste serait un homme aux yeux lumineux.
La pièce comporte une autre issue et nous visitons rapidement les lieux. On y trouve notamment sept zombies qui correspondent, nous n’en doutons pas un instant, aux sept jurés disparus. L’un d’eux porte une chevalière, il s’agit probablement d’Edbert Sunbright, le père de Ragnon.
Une partie du complexe comporte des cellules avec des squelettes portant, Boris finit par l’avouer, une pancarte indiquant Peste. Peu rassurant. Je vais éviter les contacts intimes avec le Khadorien dans les prochains jours ! L’une des cellules a sa porte complètement barrée par des planches clouées. On évite d’ouvrir le truc, si Alexia a jugé utile de le laisser ainsi !
Nous explorons ensuite une partie qui pourrait être d’importantes fondations. Celles de l’Église ?
En effet, après avoir habilement sauté au-dessus d’un précipice, nous arrivons dans les cryptes, presque propres, sans avoir pris un bain de merde ! Propres et sains, mis à part Boris, j’entends. Lui, il a un peu poussé la perversité…
Albérich peut nous guider jusqu’au Père Dumas à qui on raconte tout. Visiblement, le choc l’empêche d’avoir des idées claires et c’est presque s’il ne faut pas lui tenir la main pour qu’on lui montre le complexe trouvé après lui avoir parlé de notre rencontre avec sa nièce. Il semble nous croire et se raccroche à l’idée qu’elle est possédée. Grâce à ses pouvoirs face aux non-morts, nous parvenons à remettre à nouveau les jurés à un repos qui aurait dû être éternel.
La curiosité l’emporte aussi. Pour ma part, j’espère que cela nous apportera de nouveaux éléments. On fracasse donc la porte de la cellule soigneusement barricadée. Derrière elle, un autre squelette, animé celui-là, porteur de stigmates de la peste. Il parvient à égratigner Boris avant d’être terrassé. Brrr ! Plus besoin de pousser jusqu’aux contacts intimes, je vais tout simplement éviter Boris… comme la peste.
Quelques parchemins ornent la cellule. Boris nous lit la mention Sceau de Père est la clé de contrôle des morts et des vivants. Doit perfectionner ces glyphes.
Albérich croit se souvenir d’avoir plusieurs fois rencontré auparavant cette fameuse glyphe du Sceau du Père qui semble gravée dans l’os. J’ai bien l’impression qu’Alexia s’est entraînée là pour ses petites études de nécromancie, ou peut-être sa mère vu l’ancienneté des clous qui maintenaient la cellule fermée.
Nous finissons par retourner à l’Église. Le Père Dumas va se charger de faire prévenir les familles des jurés et leur rendre les dépouilles – certaines ressemblant hélas plus à de la pâtée qu’à une cadavre bien présentable. Les Khadoriens sont des brutes !
Du côté d’Amelyass, hélas, rien de neuf.
Et ensuite ? Et bien je n’en ai foutrement aucune idée. Boris et Albérich ont vu les mentions de la localisation d’un champ de bataille dans les notes d’Alexia. On imagine bien à ces notes qu’une des étapes de sa vengeance sera d’y aller pour lever une armée de morts qui détruira Corvis. Mais bon, je ne vois pas ce que j’irai faire là-bas avec mes petits bras musclés. En même temps, je ne pense pas qu’elle bougera trop vite avant d’avoir mis la main sur Witchfire, en espérant que ce ne soit pas encore fait. Pour ma part, j’aimerai plutôt tenter de retrouver le bourreau ou le magistrat Borloch, mais ça m’éloignerait sans doute de Corvis et de Victor

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